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Allocution spéciale de Monsieur Yasuo Fukuda, Premier ministre japonais, à l’occasion de la rencontre annuelle du Forum économique mondial, qui s’est tenue au Centre de congrès de Davos en Suisse

1. Introduction

Monsieur le Président et fondateur,
Mesdames, Messieurs,

Merci, Professeur Schwab, pour cette très aimable présentation.
Le Forum économique mondial est considéré, ces dernières années, comme le forum qui examine régulièrement l’état général des systèmes politiques, économiques et sociaux à travers le monde.

J’aimerais exprimer, une fois de plus, mon profond respect au Professeur Klaus Schwab pour l’extraordinaire esprit de prévoyance et la grande persévérance dont il a témoigné en développant ce forum ces 37 dernières années jusqu’à aujourd’hui.

Depuis que j’ai assumé les fonctions de Premier ministre, j’ai dirigé le gouvernement dans un contexte de politique intérieure difficile, auquel les responsables politiques occidentaux sont habitués, mais qui s’avère être un défi pour moi.

Le monde aussi se trouve confronté à toutes sortes de défis.

Parmi ceux-ci, nous pouvons citer l’inquiétude face à l’avenir de l’économie mondiale, qui est due à la crise des subprimes, le changement climatique, la lutte contre la pauvreté en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (MDGs) et les questions de sécurité, comme le terrorisme ou la prolifération des armes de destruction massive. Même si, à première vue, l’ensemble de ces problèmes apparaissent comme pratiquement insolubles, je souhaiterais les appréhender de manière positive, avec la conviction que l’humanité va atteindre une nouvelle étape et sera sur la bonne voie pour mieux les surmonter.

J’aimerais saisir l’opportunité de vous présenter une vue d’ensemble de mes idées en ce qui concerne la façon dont nous devrions réagir face aux différentes questions socio-économiques, en vue du prochain Sommet du G8 de Hokkaido-Toyako, en juillet.

 

2. L’économie mondiale

Mesdames, Messieurs,

Le risque que l’économie mondiale soit tirée vers le bas augmente avec en toile de fond et entre autres difficultés, la crise des subprimes aux Etats-Unis et l’augmentation des prix du pétrole qui atteignent des records.

Nous avons assisté au développement de nouvelles techniques financières et, parallèlement, le risque de crise s’est propagé à travers le monde avec la titrisation des créances immobilières. La gestion des risques liés à ces nouvelles techniques était devenue excessivement laxiste. Je dirais même que ce laxisme est à l’origine de la crise des prêts hypothécaires.

Je suis convaincu qu’il est nécessaire que nous nous engagions dans des discussions sur l’état de l’économie mondiale et des marchés financiers, en tenant compte de l’aspect de ces problèmes que je serais tenté d’appeler « une crise représentative du 21e siècle », afin de parvenir à une croissance économique soutenue.

A présent, nous nous retrouvons dans un processus de réévaluation des différents risques : nous ne sommes pas obligés d’adopter une vision pessimiste face à la situation actuelle, mais dans le même temps nous devons être conscients qu’il est urgent d’engager des actions concertées et que chaque pays doit prendre les mesures nécessaires.

En nous efforçant de résoudre le problème des subprimes, nous devons tirer des leçons des expériences malheureuses vécues par le Japon au moment de l’éclatement de la « bulle économique ». La première est qu’il est impératif de réagir avec promptitude. La seconde est qu’il est crucial de prévenir d’éventuelles contractions de crédit à la suite des dommages subis par les institutions financières.

Dans cette perspective, je souhaite saluer les efforts des administrations fiscales et financières de nombreux pays. Elles ont en effet analysé les causes des récentes turbulences subies par les marchés financiers et examinent avec diligence différentes mesures à moyen ou long terme, dans l’idée que cette question sera abordée à la rencontre du G7 de février. Je ferai pour ma part mon possible pour faire avancer ces initiatives.

En ce qui concerne l’économie japonaise, elle a stagné pendant un long moment après l’éclatement de la bulle, mais nous nous sommes résolument engagés dans des réformes drastiques destinées à redynamiser le secteur privé.

Les entreprises ont engagé des réformes de gestion de grande envergure au niveau de la gestion et l’économie japonaise a maintenu sur le long terme une croissance à la progression lente mais régulière, sans avoir recours à la dépense publique.

En ce qui concerne notre système financier, le ratio des prêts non productifs de nos principales banques a augmenté de 1.5%. Ainsi, la question des prêts non productifs est actuellement résolue et nous avons réussi à stabiliser notre système financier. Les plus grandes institutions financières japonaises s’appuient désormais sur des bases solides et sont en mesure d’assurer un approvisionnement régulier en capitaux. Par ailleurs, les banques et les autres organismes financiers possédaient relativement peu de produits financiers liés aux subprimes, ce qui a limité les répercussions de cette crise au Japon.

Néanmoins, des changements structurels majeurs interviennent au niveau de l’économie mondiale et par ailleurs, l’économie japonaise se trouve confrontée à de nombreux problèmes, notamment celui du vieillissement de la population. Mais là encore je considère ces « difficultés » comme une chance à saisir.

Nous pensons qu’il est tout à fait possible pour le Japon de profiter d’une croissance continue qui soit en harmonie avec l’environnement. Nous pouvons y parvenir, notamment en nous intéressant de près aux secteurs qui sont en retard sur le plan de la compétitivité internationale, en développant nos points forts, à savoir une main d’œuvre hautement qualifiée, l’importance que nous accordons à la concertation ou encore les technologies avancées dans le domaine de l’environnement.

En me tenant à ces idées, je serai en mesure de donner corps à une stratégie de croissance économique et de la mettre en œuvre. Cela implique que je poursuivrai mes efforts en faveur d’une libéralisation des marchés, notamment au travers de réformes dans le domaine des investissements étrangers au Japon, des procédures du commerce international, des marchés financiers, afin de permettre à la croissance japonaise de suivre le rythme de la croissance mondiale.
Je suis convaincu que la poursuite de telles réformes socio-économiques ne se fera pas au seul profit du Japon; dans les circonstances actuelles, il est de notre devoir de les mener à bien en tant que membres de la communauté internationale.

 

3. Le changement climatique

Mesdames, Messieurs,

Le Sommet du G8 à Toyako, Hokkaido, sera l’occasion de débats sur l’avenir de la planète, et constitue une opportunité inespérée pour ouvrir les perspectives d’un avenir radieux.

La question du changement climatique est absolument prioritaire.

Les questions d’environnement à l’échelle de la planète ont dépassé le simple stade des discussions et sont devenues des problèmes bien réels qui ont un impact significatif sur notre vie quotidienne et sur l’activité économique. Cela constitue un nouveau défi majeur pour l’humanité, car nous risquons de courir à la catastrophe dans les domaines à la fois de l’environnement et de l’activité économique, si nous restons là à ne rien faire.

L’année dernière, le Japon a lancé l’initiative « Cool Earth 50 », appelant à une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Aujourd’hui, je souhaiterais vous présenter mon « Programme de développement Cool Earth », qui sera mis en œuvre grâce à trois éléments différents. Voici ma proposition.

Il s’agit du cadre d’action post-Kyoto, de la coopération internationale pour l’environnement et enfin de l’innovation. Je vais m’atteler sans attendre à la mise en œuvre de ces propositions.

Tout d’abord, le cadre post-Kyoto. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC, organisme scientifique qui a reçu le prix Nobel de la Paix l’année dernière, a prévenu que si nous voulons éviter la catastrophe, il est indispensable que les émissions de gaz à effet de serre diminuent dans les dix à vingt prochaines années et soient réduites au moins de moitié d’ici 2050. J’ai demandé aux Nations Unies d’examiner dans les meilleurs délais la stratégie et les mesures à adopter pour parvenir à cette baisse, voire à cette diminution de moitié des émissions de gaz.A la conférence de Bali, un accord a été trouvé en vue d’établir d’ici la fin 2009 un nouveau cadre régissant la réduction d’émissions de gaz à effet de serre qui succéderait au protocole de Kyoto actuellement en vigueur. Afin d’assurer la diminution des émissions de gaz à effet de serre, il est absolument vital de créer un système dans lequel chacun participe, y compris, en particulier, les principaux pays émetteurs.

En tant que président du Sommet du G8, je suis résolu à assumer la responsabilité d’une action en vue d’établir un cadre de travail au sein duquel tous les principaux émetteurs seront amenés à participer et également à fixer des objectifs de façon équitable. Dans ce contexte, le Japon, avec les autres principaux pays concernés, va fixer des objectifs nationaux chiffrés pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre qui devront être suivis dès à présent. A travers la réalisation de ces objectifs, je propose que l’application de ces mesures se fasse dans la plus grande équité. Ces objectifs pourraient être fixés selon une approche ascendante en évaluant l’efficacité énergétique par secteur, utilisée comme un instrument de mesure à la fois scientifique et transparent, et en calculant le volume de réduction d’émissions de gaz qui pourrait être obtenue en fonction des technologies qui seront utilisées dans les années à venir. Dans un souci d’équité, l’année de référence pourrait également être revue. Sans équité, il sera impossible de poursuivre les efforts et de maintenir la solidarité sur le long terme.

Il n’y a pas de temps à perdre pour aborder la question du changement climatique. Nous disposons d’un moyen facile qui peut nous permettre d’engager une action sans attendre l’accord d’un cadre post-Kyoto. C’est le deuxième volet de ma proposition, la coopération internationale pour l’environnement.

Il va sans dire que c’est aujourd’hui un devoir pour l’humanité de viser une utilisation la plus efficace possible de l’énergie. Pour le moment, en attendant que les technologies innovantes qui vont réduire radicalement les émissions polluantes soient exploitables concrètement, le monde entier doit faire des efforts pour améliorer l’efficacité énergétique au maximum.

Le Japon est dépendant des autres pays pour ses ressources énergétiques, et déjà depuis la première crise pétrolière, le pays entier s’est engagé dans une politique d’économie d’énergie. Pendant les trente dernières années, nous avons réussi à doubler notre PIB sans pour autant accroître la consommation générale d’énergie du secteur industriel. Cela démontre que le Japon est parvenu à mener à bien à la fois la croissance économique et la protection de l’environnement.
Le Japon peut agir en transférant des technologies de l’environnement de haute qualité vers un plus grand nombre de pays. Par exemple, si le niveau d’efficacité des centrales électriques au charbon atteint au Japon pouvait l’être également aux Etats-Unis, en Inde et en Chine, la réduction des émissions de CO2 ainsi obtenue pourrait s’élever à quelque 1.3 milliard de tonnes, soit l’équivalent de l’ensemble des émissions de mon pays. Je propose de fixer un objectif mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique de 30% d’ici 2020.

Un autre pilier de la coopération internationale pour l’environnement est l’aide aux pays en développement qui aspirent à mener à bien à la fois la réduction des émissions polluantes et la croissance économique, contribuant ainsi à la stabilité du climat.

Parmi les mesures prévues, le Japon va mettre en place un nouveau mécanisme financier, le « Partenariat Cool Earth », à hauteur de 10 milliards de dollars.
A travers ce partenariat, le Japon va soutenir activement les initiatives des pays en développement en vue de réduire les émissions polluantes, notamment celles qui concernent l’amélioration de l’efficacité énergétique. Parallèlement, nous viendrons en aide aux pays en développement qui ont subi de graves dommages en raison des changements climatiques. De plus, le Japon souhaite créer, en collaboration avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, un fonds multilatéral, et nous appelons d’autres donateurs à participer. Nous utiliserons ce genre d’outils pour renforcer notre solidarité à l’égard des pays en développement et travailler en vue d’une réduction des gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

Le troisième volet de mon Programme Cool Earth est l’innovation, qui inclut le double aspect du développement des technologies innovantes et de la conversion en une société à faible émission de carbone.

Pour que nous soyons en mesure de diminuer de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, une avancée marquante dans le domaine de l’innovation technologique sera absolument vitale. C’est un défi très difficile à relever, qui va demander un investissement considérable dans le domaine des technologies.

Le Japon va accélérer le développement de la technologie des centrales thermiques au charbon à zéro émission de CO2, de même que les technologies d’énergie solaire à faible coût et à haute efficacité, qui peuvent être installées sur les toits du monde entier, ou encore, l’informatique verte (green IT).

Le Japon va accentuer les investissements dans la recherche et le développement dans les domaines de l’environnement et de l’énergie et, pendant les cinq prochaines années, va investir environ 30 milliards de dollars dans ces domaines. Par ailleurs, je propose que nous établissions un cadre de travail international à travers lequel nous pourrions collaborer étroitement avec des agences internationales comme l’Agence internationale de l’énergie pour accélérer le développement technologique et partager les fruits de ces efforts.

Je ne veux pas limiter nos efforts aux seules mesures en faveur de la technologie et ai donc décidé, en vue de convertir le Japon en une société à faible émission de carbone, que nous allions entreprendre une révision fondamentale de l’ensemble de notre système, incluant nos systèmes de production, notre mode de vie, le mode de fonctionnement de nos villes et nos moyens de transport.

Nous tenterons de développer cette société à faible émission de carbone à la fois à l’intérieur du pays et à l’étranger, et de jouer un rôle de leader dans la mise en place d’une « planète à faible émission de carbone ».

Les problèmes mondiaux liés à l’environnement sont les plus grands défis que l’humanité ait jamais eu à relever, et il ne fait aucun doute que ce combat sera long. Les hommes et les femmes de toutes conditions sociales et toutes les parties concernées, rassemblées autour des Nations Unies, devront faire appel à leur sagesse et à leur courage pour relever ces défis. Nous devons être conscients que nous n’avons plus de temps à perdre.

Nous examinerons ces questions en profondeur, en étant attentifs à l’environnement, au Sommet du G8 de Hokkaido-Toyako, notamment celle de l’utilisation du système de compensation carbone. Le Programme de développement Cool Earth que je viens de mettre en place relève de mon initiative personnelle, en tant que président du G8. Je demanderai à mes collègues, les autres dirigeants du G8, de collaborer pour que ces problèmes puissent être résolus le plus tôt possible, ce que le monde entier attend avec impatience.

4. Le développement et l’Afrique

Mesdames, Messieurs,

Un autre sujet d’importance majeure pour le Sommet du G8 est celui du développement et de l’Afrique.

J’aspire à ce que le Japon contribue au renforcement de la paix dans le monde et s’affirme comme « une nation au service de la paix ». Le Japon encouragera le maintien de la paix par des moyens pacifiques. Le fait de soutenir les efforts de développement des pays défavorisés figure parmi les moyens les plus importants.

En ce qui concerne l’Afrique, je vais convoquer la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, ou TICAD IV, à Yokohama en mai, pour faire progresser les débats sur le développement de ce continent sous le thème « Vers une Afrique qui gagne ».

Le Sommet du G8, sous le thème du développement, abordera les questions de développement à travers le monde, en incluant l’Afrique.

A l’arrivée d’un nouveau siècle, la communauté internationale à lancé les Objectifs du Millénaire pour le développement afin d’atteindre son but ultime. Cette année nous nous retrouvons à mi-chemin dans la réalisation de ces objectifs, qui doivent être atteints en 2015. Dans la perspective de la « sécurité humaine », j’ai l’intention de me concentrer sur les questions de la santé, de l’eau et de l’éducation au prochain sommet du G8.

Avant toute chose, j’aborderai la question de la santé. Il y a huit ans, lorsque le Japon était l’hôte du Sommet du G8 de Kyushu-Okinawa et avait été le premier à inviter des dirigeants africains, nous avions centré nos discussions autour des maladies infectieuses. A l’issue de ce sommet, le Japon a travaillé à la création d’un fonds mondial destiné à s’attaquer aux trois principales maladies infectieuses. A ce jour, les vies de quelque 2.5 millions de personnes ont été sauvées grâce à l’aide de ce fonds. Cependant, parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement, les problèmes relatifs à la sécurité de la maternité et à la santé des enfants en très bas âge en particulier sont toujours aussi graves, et environ 500 000 femmes enceintes et 10 millions d’enfants de moins de cinq ans décèdent chaque année. Un autre problème important est le manque de ressources humaines dans le domaine de la santé.

Afin de modifier cette situation rapidement et de manière significative, je propose de promouvoir une coopération internationale globale sur les questions de santé. De tels efforts ne peuvent pas être assumés uniquement par les gouvernements du G8. Nous devons même établir un cadre de travail pour élever le niveau général du système de santé, avec la participation de l’ensemble des parties concernées, notamment les organisations internationales qui ont une expérience et un savoir-faire dans ce domaine et les experts en politique sanitaire, les ONG actives sur le terrain, de même que les organisations de la société civile et les entreprises privées. Je souhaite que ces efforts deviennent la référence d’une nouvelle forme de coopération internationale adaptée au 21e siècle, c’est-à-dire une approche participative dans laquelle tous les acteurs concernés participent et collaborent.

Ensuite je souhaite aborder le problème de l’eau. Avec le réchauffement de la planète, le problème de l’eau devrait également faire l’objet de débats au niveau international. Les ravages causés par les inondations constituent une grave menace. Sans un approvisionnement en eau saine, il n’y a pas de santé possible, et sans l’accès à l’eau, il ne peut y avoir de développement. J’ai l’intention d’encourager la coopération internationale pour une gestion efficace de l’eau, ressource renouvelable.

La question de l’éducation est un autre défi à relever. Pour l’ensemble des peuples et des nations, l’éducation est la base de l’autonomie et du développement. Pour réaliser les objectifs fixés à Dakar pour l’Education pour tous, qui visent à la généralisation d’une éducation de base de grande qualité, il sera nécessaire de renforcer la coopération internationale. Le Japon, pour sa part, pourra proposer à ceux qui en exprimeront la demande des formations supplémentaires qui pourront accélérer le développement, comme la formation professionnelle ou l’enseignement secondaire ou supérieur.

Je souhaiterais maintenant aborder la question du développement africain et évoquer certains des sujets qui seront traités lors de la prochaine réunion de la TICAD.

Je suis convaincu que l’autonomie et la coopération mutuelle sont les principes fondamentaux qui régissent le développement des pays. L’aide au développement devrait être fondée sur les efforts entraide fournis par les pays en développement. Nous avons pour principe fondamental de travailler dans un esprit d’aide et de respect mutuels pour que cette autonomie soit rendue possible.

La croissance économique est absolument vitale pour assurer un développement suivi. Pour éradiquer la pauvreté en Afrique, il sera essentiel que nous accélérions la croissance économique de l’Afrique et que nous soutenions l’autonomie de ce continent. L’Afrique est actuellement en train, de sa propre initiative, d’élaborer une stratégie pour améliorer les infrastructures qui constitueront la base de sa croissance future. Cependant, les ressources financières et les institutions nécessaires à la réalisation de ces objectifs sont encore très insuffisantes. En collaboration avec les pays d’Afrique et la communauté internationale, le Japon a l’intention d’élaborer un projet en faveur du développement des infrastructures à l’échelle de la région, incluant par exemple un réseau routier, des réseaux électriques, dans l’optique de créer un environnement attractif susceptible d’intéresser les investissements privés.

L’usine implantée à Arusha, en Tanzanie, qui fabrique les moustiquaires Olyset Net, imprégnées de répulsif anti-moustique, est un exemple réussi d’investissement privé. La création de cette usine a non seulement créé des opportunités d’emploi pour la population locale et généré des revenus plus importants, mais a également entraîné une diminution du taux d’infection malarienne chez les jeunes enfants. Cela a contribué ainsi à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Parallèlement, il va sans dire que, pour accélérer la croissance en Afrique, le développement du commerce extérieur et des investissements est indispensable. En outre, étant donné que 70% de la population vivent dans des zones rurales, l’amélioration de la productivité agricole est également vitale. C’est pourquoi nous allons approfondir la discussion concernant les initiatives qui seront prises par les pays d’Afrique et faire en sorte que la communauté internationale soutienne ces efforts.

Je pense que chacun d’entre vous connaît le fruit du karité. Le beurre de karité obtenu à partir des amandes est apprécié comme huile de cuisson, crème hydratante et composant dans les savons. Dans les villages du Ghana, le Japon a apporté son soutien pour améliorer les techniques de production du beurre de karité, aider la population locale à s’organiser et à produire des savons de grande qualité. Le résultat est que les entreprises japonaises se sont mises à importer ce beurre de karité, ce qui a entraîné une augmentation des revenus pour la population locale. Cela illustre parfaitement la façon dont l’initiative « Un village, un produit », qui soutient la production et la commercialisation de produits locaux a redonné vie à l’économie locale au niveau communautaire.

L’année dernière à Davos, M. Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, a évoqué l’idée de reproduire le miracle asiatique en Afrique.
Le développement de l’Asie en vue d’acquérir son autonomie est le fruit des efforts du peuple asiatique. Le Japon a agi en tant que partenaire, en soutenant ces efforts à travers une aide pour augmenter la croissance économique et la formation des hommes. Le Japon souhaite encourager activement la coopération Sud-Sud entre l’Asie et l’Afrique à l’occasion du Sommet du G8 et de la TICAD.

La paix est la condition sine qua non du développement. La construction de la paix est l’un des piliers de la politique du Japon en tant que « nation au service de la paix », concept que je m’applique à promouvoir. Le Japon a toujours défendu avec vigueur la coopération pour la renaissance et la reconstruction des pays. Par ailleurs, nous allons développer une nouvelle coopération avec les centres d’opération de maintien de la paix, afin d’améliorer les compétences de l’Afrique en matière de maintien de la paix.

Comme vous pouvez le constater, le principe « d’autonomie et de coopération mutuelle » est illustré ici de façon très concrète. En effet, la paix est entre les mains de chacun et le Japon soutient l’Afrique dans ses efforts pour obtenir la paix.

Je partagerai les résultats de la TICAD IV avec les dirigeants du G8 au Sommet de Toyako à Hokkaido. Par ailleurs, cet automne, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, en tant que président du Sommet du G8 et hôte de la TICAD, je rendrai compte des résultats de ces deux réunions afin de les partager avec le reste du monde.

5. Conclusion

 

Mesdames, Messieurs,

Il n’existe pas de solution miracle aux problèmes que je viens d’évoquer aujourd’hui. En outre, ces défis ne peuvent être résolus par un pays isolément. Ainsi, avant toute chose, il est indispensable que tous les acteurs concernés mettent à exécution très sérieusement les mesures concrètes pour lesquelles ils se sont déjà engagés.

Le Japon est un pays qui a toujours tenu ses engagements.

Par ailleurs, non seulement le Japon possède une science et une technologie de pointe dont le monde a besoin, mais il a également obtenu des résultats et une réelle expérience grâce à un taux de croissance élevé. Le Japon jouera un rôle de meneur fondé sur sa propre expérience, afin d’améliorer la stabilité et la prospérité de la communauté internationale.

Je considère que l’expression clé qui définit le mieux la façon dont nous devrons assumer les défis apparus au 21e siècle est « l’approche participative ». Il est indispensable d’assurer la coopération entre les gouvernements, le monde des affaires, la société civile et le milieu scientifique en réussissant la synergie entre les pays et entre les individus.

Davos en est précisément le symbole. Vous êtes tous ici les pionniers qui ont mis en œuvre cette coopération. Je suis déterminé à travailler dur, avec votre précieuse collaboration, afin de m’acquitter de ma tâche en tant que président du G8 cette année.
Je vous remercie de votre aimable attention.


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