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Discours du Premier ministre Naoto Kan À l’occasion de la cérémonie commémorative de la paix à Nagasaki

(Traduction provisoire)


A l’occasion de la cérémonie commémorative de la paix à Nagasaki, je rends l’hommage le plus sincère aux âmes des victimes de la bombe atomique. J’exprime également ma profonde sympathie à toutes les personnes qui souffrent encore aujourd’hui des séquelles du bombardement.

 

Il y a soixante-six ans, une bombe nucléaire a été larguée sur cette ville, emportant en un instant les précieuses vies de près de 70 000 personnes et causant des souffrances indescriptibles ainsi que des cicatrices indélébiles chez les survivants. L’humanité ne doit pas oublier l’horreur nucléaire qui a frappé Nagasaki, pour qu’elle ne soit plus jamais répétée. En ma qualité de représentant du gouvernement japonais, je m’engage à ce que le Japon, seul pays à avoir été victime de bombardements atomiques en temps de guerre, respecte la Constitution et observe strictement les « trois principes non nucléaires » en vue d’abolir définitivement les armes nucléaires et de bâtir une paix éternelle dans le monde.

Notre pays est depuis toujours résolu à jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale en faveur de l’établissement d’« un monde sans armes nucléaires » , et nous l’avons bien mis en action. L’année dernière, le Japon a présenté lors de l’Assemblée générale des Nations Unies une proposition de résolution intitulée «  Unité d’action en vue de l’élimination totale des armes nucléaires ». Soutenue par quatre-vingt-dix pays cosignataires dont les Etats-Unis – le nombre le plus grand depuis la première proposition de cette résolution en 1994, cette proposition fut adoptée à une écrasante majorité. En outre, afin de mettre en place les dispositions prises lors de la Conférence d’examen des Parties chargés d’examiner le Traité sur la Non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010, le Japon a créé l’« Initiative pour le désarmement et la non-prolifération nucléaires », un groupe transrégional de pays ne possédant pas l’arme atomique. À travers les actions qu’il mène avec les pays partageant ses aspirations, le gouvernement japonais dirige ainsi les discussions dans les domaines du désarmement et de la non-prolifération nucléaires.

 

Le Japon a la responsabilité historique pour le genre humain d’enseigner aux générations futures la conscience de la nature désastreuse des armes nucléaires. Lors de la cérémonie de l’année dernière, j’avais proposé la nomination de « Communicateurs spéciaux pour un monde sans armes nucléaires ». A cette date, 16 survivants du bombardement de Nagasaki ont voyagé à travers le monde pour attirer l’attention sur l’horreur des armes nucléaires et insister sur l’importance de la paix. En Turquie par exemple, ils ont participé à des expositions traitant de la bombe atomique ainsi qu’à des rencontres pour la paix. Je tiens à exprimer mes sincères remerciements à tous ces communicateurs spéciaux pour leur dévouement. Nous avons également bénéficié de la collaboration de victimes pour démarrer la traduction dans différentes langues de leurs témoignages, afin de les faire connaître au reste du monde. À Nagasaki même, j’ai entendu dire que les habitants mènent depuis longtemps des initiatives, comme servir de « guides pour la paix » pour les groupes scolaires sur les sites de la catastrophe. À l’heure du désarmement nucléaire, l’intérêt et l’enthousiasme de la population est plus que jamais indispensable. Ensembles, nous développerons dans le monde nos actions en faveur du désarmement et de la non-prolifération nucléaires.

 

Encore aujourd’hui, des personnes continuent de souffrir des séquelles de la bombe nucléaire. Pour elles, le gouvernement a mis en place des mesures globales de soutien couvrant santé, soins médicaux et protection sociale.


Nous ferons tout notre possible pour que les personnes qui attendent que leur maladie soit reconnue comme résultant des effets de la bombe atomique le soient le plus rapidement possible. Une commission d’évaluation réunissant des experts et des représentants des associations de hibakusha (survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki) se réunie depuis décembre dernier pour discuter d’un modèle de reconnaissance adéquat. Nous poursuivrons résolument nos actions en faveur des hibakusha, tout en prêtant une oreille attentive aux victimes de plus en plus âgées.

Le grand séisme de l’Est du Japon qui s’est produit le 11 mars de cette année a provoqué des dommages importants à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. L’accident de grande ampleur qui en a découlé a eu des conséquences sur le long terme, causant le rejet de substances radioactives et déclenchant de graves inquiétudes au Japon, mais aussi dans le reste du monde.

 

Considérant cette situation sans précédent avec tout le sérieux nécessaire, le gouvernement japonais a pris toutes les mesures possibles afin de rétablir rapidement la situation sur le site de la centrale et de prévenir les risques pour la santé. Des aides nous ont également été fournies par le département et la municipalité de Nagasaki ainsi que par l’Université de Nagasaki, sous la forme d’une assistance pour mesurer les taux de radioactivité ou l’envoi d’équipes médicales spécialisées dans le traitement des radiations. Grâce à tous ces efforts, la situation est actuellement en voie de rétablissement. Il reste néanmoins de nombreuses taches à accomplir auxquelles nous continueront de consacrer tous nos efforts.

 

Le Japon procède également à une révision complète de sa politique énergétique. Je vais réfléchir en profondeur aux méthodes de contrôle et à l’organisation de la sûreté nucléaire qui prévalaient jusqu’alors, étudier minutieusement les causes de l’accident et mettre en place des mesures fondamentales visant à garantir la sécurité. Parallèlement à cela, nous réduiront notre niveau de dépendance à l’énergie nucléaire en vue d’établir une « société qui ne dépende pas du nucléaire ».
Cet accident représente un nouvel enseignement pour l’humanité et il est de notre devoir de transmettre au reste du monde et aux générations futures les leçons que nous en auront tirés.

 

Lors de la cérémonie de l’année dernière, j’avais évoqué dans mon discours le mouvement Pugwash (Pugwash Conferences on Science and World Affairs). A l’origine du courant en faveur de l’abolition des armes nucléaires, ce mouvement fut créé par des personnalités comme Albert Einstein et Hideki Yukawa qui se trouvaient confrontés au paradoxe suivant : la science, censée servir au bonheur de l’humanité, avait donné naissance à une arme qui menaçait de la détruire. Les activités de ce mouvement furent une des motivations de mon engagement dans une carrière politique. Le but véritable de la science est d’aider à la survie et au bonheur de l’humanité. Cette conviction, qui m’avait incité à me lancer dans la carrière politique, reste inchangée encore aujourd’hui.

 

Je souhaite conclure mon discours en adressant une prière pour le repos des âmes des victimes de la bombe atomique. Je présente également mes vœux les plus sincères pour la sérénité des survivants et des familles des victimes, ainsi que pour la santé de tous les participants et des citoyens de Nagasaki. L’horreur et les souffrance causées par les armes nucléaires ne doivent jamais être répétées. Je renouvelle ma promesse que le Japon fera tout son possible pour abolir les armes nucléaires et permettre l’établissement d’une paix éternelle dans le monde.


le 9 août 2011
Naoto KAN
Premier ministre du Japon

 


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