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Participation du Premier ministre Yoshihiko NODA à la cérémonie commémorative de la paix à Nagasaki, le 9 août 2012

Le 9 août 2012, le Premier ministre Yoshihiko NODA a participé à la cérémonie commémorative de la paix qui s'est déroulée au parc de la Paix à Nagasaki.
Soixante-sept ans après le bombardement atomique de Nagasaki, les rescapés, leurs proches et d'autres invités au nombre de 5.900 ont assisté à cette cérémonie au cours de laquelle ils ont prié pour le repos des âmes des victimes et la paix dans le monde. Les représentants de 41 pays et de l'Union européenne étaient également présents, dont l'Ambassadeur de France au Japon Christian MASSET, une première pour un ambassadeur français.

Voici le discours de Monsieur NODA :

Cela fait aujourd'hui soixante-sept ans que la bombe atomique s'est abattue sur Nagasaki, anéantissant en un instant près de 70.000 précieuses vies et infligeant à nombre des habitants de cette ville des souffrances indescriptibles.

À l'occasion de la cérémonie commémorative de la paix à Nagasaki, je rends l'hommage le plus sincère aux âmes des victimes de la bombe atomique. J'exprime également ma profonde sympathie à toutes les personnes qui souffrent encore aujourd'hui des séquelles du bombardement.

L'humanité ne doit en aucun cas oublier les horreurs causées par la bombe atomique, et le drame survenu à Nagasaki, imprimé pour toujours dans l'histoire du genre humain, ne doit plus jamais se reproduire.
Seul pays à avoir été victime de bombardements atomiques en temps de guerre, le Japon porte une lourde responsabilité envers l'humanité toute entière, et même l'avenir du monde : il lui faut en effet transmettre aux générations suivantes le souvenir de cette tragédie et communiquer aux autres pays son ardeur à œuvrer pour un monde sans armes atomiques.

Aujourd'hui, soixante-sept ans jour pour jour après le bombardement atomique de Nagasaki, je tiens, en ma qualité de représentant du gouvernement japonais, à renouveler la promesse du Japon de respecter sa Constitution et d'observer strictement les « trois principes non-nucléaires » en vue d'abolir définitivement les armes nucléaires et de bâtir une paix éternelle dans le monde.

Après tant d'années, les rescapés pouvant nous raconter de vive voix leur expérience sont désormais âgés. La transmission de leurs témoignages constitue donc un véritable enjeu sur le plan historique.

Enseigner l'importance du désarmement et de la non-prolifération des armes atomiques est primordial pour établir les bases d'une société pleinement consciente de ce passé, mais cette tâche n'est pas réservée aux seules institutions publiques. Diverses initiatives ont déjà été amorcées en ce sens par des organismes éducatifs ou de recherche, des ONG et certains médias. Enfin, il nous faut citer l'engagement particulièrement actif des citoyens. Je tiens d'ailleurs à renouveler mes remerciements aux « Communicateurs spéciaux pour un monde sans armes nucléaires » qui se sont rendus dans 49 villes à travers le monde pour faire part de leur expérience à la communauté internationale. Le gouvernement japonais poursuivra son action pour promouvoir l'importance d'un monde sans armes nucléaires et apportera tout son soutien aux différentes initiatives permettant d'assurer la transmission de ce passé, au-delà des frontières et des générations.

Toujours dans cette perspective, le Forum mondial d'éducation en matière de désarmement et de non-prolifération des armes nucléaires se tiendra ici-même les 10 et 11 août, en collaboration avec la ville de Nagasaki et l'Université des Nations-Unies. À travers les discussions prévues entre membres du gouvernement et d'organismes internationaux, spécialistes et citoyens, nous débattront de ces deux principes. Ensemble, nous redoublerons d'efforts pour encourager sa diffusion dans le monde entier.

La communauté internationale continue d'avancer assurément vers l'avènement d'un monde sans armes nucléaires. Ce phénomène est même visible parmi les pays détenteurs de l'arme atomique ; l'entrée en vigueur l'an dernier du nouveau traité START entre les Etats-Unis et la Russie, ainsi que l'adoption à une imposante majorité de la résolution contre les armes nucléaires présentée par le Japon à l'Assemblée générale des Nations-Unies en sont particulièrement significatives. Le Japon doit multiplier ce genre d'actions pour donner au reste du monde l'impulsion nécessaire au changement.

Nous ne devons pas non plus oublier les personnes qui souffrent aujourd'hui encore des séquelles de la bombe atomique. Afin de mettre en place un système de reconnaissance approprié, des discussions poussées ont eu lieu entre spécialistes et groupes de victimes de la bombe atomique, permettant ainsi la publication en juin dernier d'un rapport intermédiaire. Nous mettons tout en œuvre pour que les personnes attendant la reconnaissance de maladies liées à la bombe atomique obtiennent satisfaction le plus rapidement possible. Tout en prêtant une oreille attentive aux hibakusha (survivants des bombardements atomiques), nous continuerons d'améliorer le système de reconnaissance et de mettre en place des mesures d'assistance globales.

Plus d'un an s'est écoulé depuis le Grand séisme de l'Est du Japon et l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. La ville de Nagasaki a participé activement à la « renaissance » de Fukushima et lui a apporté son aide sous de nombreuses formes. Le gouvernement japonais consacre tous ses efforts à la restauration des conditions de vie sur place, notamment à la décontamination, afin que les personnes encore placées dans des situations difficiles puissent reprendre au plus vite une vie normale. Enfin, nous sommes en train d'élaborer sur les moyen et long termes une politique énergétique en laquelle les Japonais puissent avoir pleinement confiance, avec pour mot d'ordre la réduction de notre dépendance vis-à-vis de l'énergie nucléaire.

Je souhaite conclure mon discours en adressant une prière pour le repos des âmes des victimes de la bombe atomique. Je présente également mes vœux les plus sincères pour la sérénité des survivants et des familles des victimes, ainsi que pour la santé de tous les participants et des citoyens de Nagasaki.

 

Le 9 août 2012
Yoshihiko NODA
Premier ministre du Japon


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