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Lettre de l'Ambassadeur Yoichi SUZUKI parue dans le journal Le Monde en date du 31 août 2014

Suite à un article publié le 12 juillet dernier dans votre journal sous le titre « L’inquiétant aggiornamento du pacifisme japonais »,je souhaiterais apporter certaines précisions concernant les grandes lignes des nouvelles politiques du Japon en matière de défense.

Conformément à sa politique de faire du Japon un « contributeur proactif à la paix » sur la base du principe de la coopération internationale, le Premier ministre ABE a clairement exprimé sa volonté de rester fermement attaché au caractère pacifique du Japon. Les décisions prises lors du Conseil des Ministres du 1er juillet dernier ont pour seul but de permettre au Japon de contribuer encore plus activement à garantir la paix dans le monde, tout en assurant la paix et la stabilité au Japon ainsi que dans le reste de la région Asie-Pacifique. Les mesures envisagées par le Gouvernement répondent d’ailleurs à des conditions plus strictes que celles prévues par le droit international, ce qui reflète bien le pacifisme de mon pays.

La clarification apportée à la Constitution sur les champs d’action des forces d’autodéfenses était nécessaire pour permettre au Japon et à ses forces d’autodéfenses de réagir en cas de violation de la sécurité du Japon sous forme d’actions qui n’équivalent pas à une action militaire, de renforcer leurs contributions sur la scène internationale et d’agir en cas d’attaques militaires contre un pays tiers avec qui le Japon a des rapports étroits quand ces attaques représentent une menace claire pour le Japon.

Contrairement à ce que déclare votre journaliste dans son article, la décision du 1er juillet n’est donc pas une révision de l’article 9 de la Constitution et elle n’est pas de nature à altérer le principe de la Constitution qui n’autorise l’utilisation de la force qu’en cas d’autodéfense. Elle constitue plutôt une nouvelle lecture de l’article 9 en adéquation avec l’évolution de l’environnement géostratégique actuel ainsi qu’une volonté du Japon de contribuer à la paix et la stabilité dans le monde. Elle repose également sur la prise de conscience qu’aucun pays ne peut assurer seul sa sécurité et que les coopérations internationales sont indispensables.

En outre, ces modifications ne seront mises en application qu’une fois les lois afférentes auront été débattues puis adoptées par le Parlement. Étant donné que ce processus législatif est mené dans le respect du principe démocratique, conformément à la Constitution du Japon et à la législation en vigueur, l’affirmation de votre journaliste que, je cite, « cette “nouvelle lecture” de la Loi fondamentale altère le fonctionnement démocratique » n’est donc pas conforme à la réalité.

Le Gouvernement du Premier Ministre Shinzo ABE entend multiplier ses efforts de communication afin d’informer les pays voisins et le reste de la communauté internationale de ses intentions. Par conséquent, il ne me parait pas approprié d’interpréter les intentions du Japon en tentant de les relier aux questions du passé, et encore moins de les interpréter en fonction de positions qui ne sont pas celles du gouvernement japonais.


Yoichi SUZUKI
Ambassadeur du Japon en France


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