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«Il faut mettre en lumière l'excellence des relations France-Japon», interview de l'Ambassadeur Yoichi SUZUKI parue dans la Dépêche du Midi, le 16 mars 2016

Propos recueillis par Emmanuel Haillot

Quelle est la principale mission du diplomate japonais en France ?
Le Japon, que ce soit son peuple, sa culture ou ses produits, est particulièrement apprécié des Français. La première mission du diplomate japonais en France est de développer davantage ces liens forts étoffés au fil de bientôt 160 ans d'histoire diplomatique. Cela comprend le soutien et la promotion des échanges entre nos deux pays dans plusieurs domaines et à plusieurs niveaux, économiques, industriels, culturels, artistiques, académiques, scientifiques ou autre.

Que représente la population de Japonais en France, pourquoi ont-ils choisi ce pays ?
En 2014, l'ambassade dénombrait 38 349 Japonais installés en France, soit la 9e communauté japonaise la plus importante en dehors de l'archipel. De façon globale, il ressort que ce choix a pour origine une forme de fascination et de respect pour la qualité de vie, la culture française et son histoire. Le savoir-faire français fait également office de référence au Japon. Cette combinaison est donc très certainement un élément motivant la plupart de mes concitoyens à se rendre dans l'hexagone et d'y rester.

Le Premier ministre Shinzo Abe a montré l'envie de renforcer les liens avec la France. De quelle manière ?
Il me paraît essentiel de mettre en lumière l'excellence des relations au plus haut niveau durant ces trois dernières années. Celles-ci ont connu un réel essor depuis la venue du Président François Hollande en 2013 au Japon. Nous travaillons actuellement sur une feuille de route qui s'étend de 2013 à 2018, fixant le cadre d'un partenariat privilégié entre les deux pays. Des dialogues politiques en vue de former une vision commune du monde, des coopérations en matière de sécurité internationale, y compris des projets de développement commun en matière d'équipement de défense sont des exemples de pistes poursuivis par nos deux pays… Le Premier ministre Abe mène ce que nous appelons une «politique de contribution proactive à la paix» et considère que la France est un partenaire clef de sa mise en œuvre.

Selon vous, comment le Japon peut-il être un partenaire économique de la France ?
Les collaborations et partenariats franco-japonais sont déjà nombreux. Le Japon est de loin le premier investisseur asiatique en France. Il est la première destination asiatique pour les investissements français. En termes de chiffres, les investissements directs japonais, en France se répercutent sur plus de 74 300 personnes dont l'emploi est directement lié à cette relation franco-nippone. Ces investissements concernent 58 différents secteurs pour 480 entreprises réparties dans près de 750 points du territoire. Dans l'avenir, nous comptons développer des partenariats dans les activités liées à l'innovation ou portant sur les grands marchés émergents d'Asie et d'Afrique notamment.

Est-ce facile pour un Français d'investir au Japon ?
Les sociétés françaises sont présentes sur le marché japonais depuis de longues années. La France est le 3e pays investisseur au Japon, représentant ainsi près de 400 entreprises et 60 000 personnes. Le Japon n'est certainement pas un marché facile à pénétrer. Le système est différent. Il faut de la patience parce que nous attachons une grande importance à un rapport de longue durée. De fait, disposer du soutien d'organisations vouées aux échanges économiques franco-japonais peut s'avérer être un outil précieux. C'est pourquoi le Premier ministre Manuel Valls, lors de sa visite au Japon en octobre dernier, a tenu à ce que soit signé un mémorandum visant à une coopération accrue entre le Jetro du Japon et Business France, deux organisations promouvant l'expansion du commerce et des investissements entre les deux pays.

Liberté, Droits de l'Homme, Paix dans le monde sont des thèmes chers au gouvernement japonais. Cela se traduit de quelle façon ?
La «politique de contribution proactive à la paix» évoquée plus haut en est un exemple. Le Japon prend aussi des initiatives en vue de reformer l'ONU pour qu'elle puisse mieux remplir ses fonctions pour le maintien de la paix et le respect des valeurs fondamentales.

Comment développerez-vous la conférence de ce mercredi sur le thème «Le Japon au cœur des enjeux contemporains» ?
Le Japon et la France sont deux pays qui comprennent bien le mérite de l'approche multilatérale en présence des grands enjeux du monde que sont, par exemple, le dérèglement climatique ou le maintien du système de libre-échange… Lors de cette description des enjeux contemporains du Japon, je souhaite donc avant tout développer les idées qui unissent nos deux pays.


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