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Articles rédigés par la Fondation « Foreign Press Center »
(http://www.fpcj.jp/) du Japon.

Les supérettes de proximité japonaises poursuivent leur évolution

Japan Brief/FPC No0344
Le 12 septembre 2003


Cet article, rédigé par la Fondation Foreign Press Center, qui en détient les droits, constitue une synthèse des déclarations de personnalités et d’articles de journaux parus sur le sujet. Les opinions présentées sont celles du Foreign Press Center et ne reflètent pas necessairement la position officielle du gouvernement japonais.

Seven Eleven Japan, la première chaîne japonaise de convenience stores (supérettes de proximité, ouvertes généralement sept jours sur sept, 24 heures sur 24), a inauguré le 31 août 2003 son 10 000ème magasin. L’entreprise est aussi devenue la première au monde à avoir plus de dix mille affiliés dans un même pays. Elle a atteint ce résultat dans la trentième année après l’ouverture, dans le quartier de Toyosu à Tokyo, de son premier établissement sur le modèle américain. Seven Eleven Japan, introduite sur la Bourse de Tokyo en 1979, a connu depuis une progression constante de son résultat, ce qui en fait une des sociétés de commerce de détail les plus profitables du Japon.

Les chaînes rivalisent pour mieux répondre aux besoins des clients
Plusieurs autres chaînes se sont créées dans l’intervalle, notamment Lawson et Family Mart, et selon une étude de l’Association japonaise des chaînes de franchise, le Japon comptait, pendant l’exercice 2001, 43 sociétés de chaînes de supérettes de proximité, avec 40 844 magasins au total, qui réalisaient un chiffre d’affaires global de 7 142 milliards de yens.

Si les supérettes de proximité ont pu se multiplier à ce rythme et connaître un tel essor, c’est avant tout grâce à leur créativité et à leurs efforts, et à l’intense rivalité qui règne entre elles pour mieux répondre aux désirs des consommateurs. Toshifumi Suzuki, PDG de Seven Eleven a déclaré dans une interview parue dans le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun du 29 août : « La signification du mot convenience a évolué au fil des années. À nos débuts, il s’agissait avant tout de nos heures d’ouverture, plus longues que les autres magasins, puis elle a fait référence au prix abordable de nos boulettes de riz et de nos repas à emporter, et aujourd’hui, elle recouvre avant tout la saveur de nos produits alimentaires. » Cela montre que le secteur a su faire évoluer ses tactiques de marketing en fonction des souhaits des consommateurs.

Les convenience stores utilisent aujourd’hui des variétés rigoureusement sélectionnées de riz, qui est toujours l’aliment de base de la cuisine japonaise, et leurs repas à emporter équilibrés ont un grand succès. Trois chaînes de supérettes de proximité, Sunkus, Mini Stop et Three F, ont lancé à la fin de l’année dernière des repas à emporter produits en chaîne de froid. Ils sont livrés aux points de vente en respectant une température de 3 à 8 degrés centigrades, ce qui d’une part permet d’empêcher presque totalement la reproduction des microbes, et d’autre part, garantit la fraîcheur des ingrédients (sans agents conservateurs), leur assurant une qualité supérieure. Family Mart a, pour sa part, lancé en mai dernier un nouveau produit appelé Irodori-zen, un repas à emporter au prix de 780 yens, élaboré après une étude approfondie des repas à emporter et des boulettes de riz disponibles dans les rayons alimentations des grands magasins ainsi que des spécialités à emporter les plus connues des gares japonaises. Cette chaîne offre aussi des boulettes de riz de luxe, vendues au prix de 200 yens, utilisant exclusivement du riz de la variété Koshihikari produit à Uonuma dans la préfecture de Niigata.

Des efforts considérables pour développer des produits originaux
Les chaînes de supérettes de proximité ont aussi entrepris de développer des produits originaux en coopération avec des fabricants de produits alimentaires. Seven Eleven et Asahi Soft Drinks ont ainsi lancé une boisson du nom de Tocho Oolong Tea, dont le goût légèrement sucré et le riche arôme ont été très appréciés du public, qui a acheté 8 millions de canettes en deux mois.

Ce genre d’initiatives vise à assurer la différentiation avec les autres magasins d’alimentation et les chaînes concurrentes, par la vente de produits introuvables ailleurs. Toutes les chaînes ne cachent pas leur intention d’intensifier leurs efforts dans ce domaine. Seven Eleven prévoit que la part des produits originaux représentera, d’ici à la fin de février 2004, 52 % de son chiffre d’affaires, c’est-à-dire qu’elle sera supérieure à celle des produits d’autres marques. Family Mart estime que ce type de produits va constituer 30 % de son chiffre d’affaires. Les supérettes de proximité ne seront plus simplement des points de vente de produits fabriqués par d’autres.

La variété des services offerts est un autre élément qui a contribué de manière significative à leur succès. Aujourd’hui, on peut y payer sa facture de gaz et d’électricité, de téléphone, réserver des billets pour des concerts, ou encore imprimer des photographies numériques. Enfin, ces supérettes assurent aussi l’expédition de marchandises, et comme elles sont en outre équipées de guichet de banque automatiques, on peut y retirer de l’argent 24 heures sur 24.

Afin de poursuivre leur croissance, les chaînes cherchent maintenant à s’implanter dans des territoires encore inexploités, comme les immeubles de bureaux. Family Mart a ouvert à l’automne dernier un magasin dans le nouvel hôtel de police de la préfecture d’Osaka. Lawson, une autre chaîne, a ouvert une supérette dans le bureau de poste de Yoyogi, à Tokyo, et elle en a maintenant plusieurs dans des succursales de la banque Hokuriku Ginko. La chaîne prévoit aussi d’en ouvrir dans des stations du principal opérateur de service de métro à Tokyo.

Jusqu’à présent, la clientèle de ces supérettes a surtout été jeune, de la classe d’âge 20 à 35 ans, étudiants et employés, mais aujourd’hui, les chaînes font des efforts pour séduire les hommes de 40 à 59 ans, et les femmes entre 30 et 49 ans. La diversification vers le haut de gamme en matière de repas à emporter fait partie de cette stratégie. De plus, la libéralisation de la vente de produits alcoolisés, qui débutera ce mois-ci, va leur permettre de vendre aussi des boissons alcoolisées. Tout cela devrait les aider à attirer de nouveaux clients, qui ne s’intéressaient guère à ce type de magasin jusqu’à présent, et ainsi de poursuivre leur croissance.

Les risque inhérents à l’ouverture nocturne
Mais le secteur n’est pas sans connaître de problèmes, notamment l’augmentation des vols à main armée. Ces magasins, ouverts 24 heures sur 24, emploient moins de personnel la nuit, et ils sont souvent l’objet de vols. Selon les chiffres de l’Agence de police nationale, le nombre de vols à main armée a été pendant le premier semestre 2003 de 376, soit 1,7 fois ce qu’il avait été pendant le premier semestre 2002. 10 % des vols à main armée concernent aujourd’hui les supérettes de proximité. Une supérette Family Mart de Yokohama a fermé ses portes le 31 août parce qu’elle avait fait l’objet de deux agressions, et ne se sentait pas à même d’assurer la sécurité de ses employés. Il s’agit de la première fermeture pour ce motif. Les chaînes ont pris des mesures pour lutter contre la criminalité, notamment en installant des caméras anti-vol et en faisant en sorte qu’il y ait à toute heure au moins deux employés dans le magasin, mais réussir à se protéger de cette criminalité est indéniablement une question essentielle pour ce secteur qui a connu une croissance rapide au point de jouer maintenant un rôle important dans l’infrastructure de la société.

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