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Allocution de M. Yutaka Iimura, Ambassadeur du Japon, au Cercle de l’Union, le 26 mars 2009
« Les relations franco-japonaises – vers un nouveau partenariat »

Messieurs les Présidents (MM. Philippe CROIZAT (actuel) et Xavier CHALANDON (ancien) )
Monsieur le Consul Honoraire (M. Louis FREIDEL)
Mesdames et Messieurs,

 

1. Je suis très honoré d’avoir été invité par le Cercle de l’Union dont les membres font partie des personnalités lyonnaises les plus en vue du monde économique et des professions libérales.
Ce soir, je souhaiterais vous parler du sujet suivant : « Les relations franco-japonaises – vers un nouveau partenariat ». J’ai choisi ce thème car il me semblait approprié et intéressant de parler des relations franco-japonaises à Lyon, ville qui constitue le point de départ de ces relations.
En effet, au milieu du 19ème siècle, à la suite de la propagation des maladies des vers à soie dans toute l’Europe, les soyeux de Lyon, ville qui occupait la première place mondiale pour les soieries, ont commencé à importer des soies grèges et des cocons du Japon. Ces importations ont sauvé l’industrie lyonnaise de la ruine et inauguré les premiers échanges commerciaux directs entre la France et le Japon.
Je tiens donc à remercier les organisateurs de cette soirée de me donner l’occasion de partager avec vous un aperçu de l’histoire des relations franco-japonaises et de réfléchir aux perspectives de partenariat futur entre nos deux peuples.

 

2. Voilà près de quarante ans que j’exerce la profession de diplomate. Quarante années, dont près d’un tiers passé à occuper des postes soit en France, soit à Tokyo, au sein des bureaux chargés des relations avec la France et l’Europe. Au cours de ces années, j’ai eu la chance de suivre l’évolution des relations entre nos deux pays ainsi que l’évolution de leurs places respectives dans le monde. Surtout, la fin de la Guerre froide et la mondialisation ont rendu le Japon, la France et le reste du monde en général, tout à fait différents de ce qu’ils étaient en 1969 lorsque je débutai ma carrière diplomatique. Nos relations bilatérales ont également considérablement évolué. Aujourd’hui, nous nous trouvons en plein milieu d’une crise économique et financière que le Premier Ministre japonais Taro Aso décrit comme une «tempête que l’on ne voit que tous les cent ans ». A l’issue de cette crise, le monde aura à nouveau changé et j’espère que nos deux nations pourront travailler ensemble positivement pour sa refondation.

3. Le Japon et la France ont célébré l’année dernière le 150e anniversaire de leurs relations diplomatiques. A cette occasion, de nombreux événements culturels et symposiums furent organisés dans les deux pays. La France a, à elle seule, accueilli plus de 750 manifestations, ce qui témoigne à la fois de la profondeur et de l’envergure nouvelles qu’ont prises les relations franco-japonaises au cours de ces dernières années.
En ma qualité d’Ambassadeur, mais aussi en tant que francophile désireux de renforcer les relations franco-japonaises, je me réjouis de cette heureuse surprise que constitue l’ampleur de ces commémorations.
Je souhaite aujourd’hui vous parler des relations franco-japonaises telles que je les ai vécues au cours de ma vie de diplomate, mais aussi à travers les événements commémoratifs de ce 150e anniversaire.
Durant l’heure qui m’est impartie, j’aimerais premièrement vous exposer mes idées sur les raisons pour lesquelles la France et le Japon, deux pays parfois étonnamment différents, éprouvent une telle fascination réciproque. Deuxièmement, je voudrais répondre à la question suivante : « pourquoi les relations franco-japonaises sont-elles importantes ? ». Enfin, en dernier, je souhaiterais parler de ce que doivent être les relations franco-japonaises dans notre monde de plus en plus globalisé.

 

Le début des relations franco-japonaises.

 

4. J’ai mentionné que l’année 2008 commémorait le 150e anniversaire des relations franco-japonaises. Toutefois, la première rencontre entre Japonais et Français remonterait au début du 17ème siècle.
En 1615, la mission envoyée à Rome par le seigneur Date Masamune sous la conduite de Hasekura Tsunenaga fit escale à Saint-Tropez, constituant ainsi probablement le premier contact entre des citoyens des deux pays. Une autre rencontre, mentionnée par les archives, eut lieu en 1636, lorsque le prêtre dominicain Guillaume Courtet se rendit dans la région des Ryûkyû (le département le plus au sud du Japon, aujourd’hui appelé Okinawa) pour y propager le catholicisme. Toutefois, ce prêtre fut condamné à mort l’année suivante pour avoir tenté de diffuser une foi hérétique.
Par la suite, plusieurs Français se rendirent sur les côtes ou dans les eaux japonaises. Cependant, en 1630, le shogunat Tokugawa coupa toutes les relations avec l’étranger, à l’exception d’échanges minimaux avec la Chine, la Corée et la Hollande. Cette politique de fermeture dura plus de deux siècles. Au cours de cette période, la France, qui était affectée par des guerres qu’elle menait en Europe et les révolutions qu’elle soutenait, n’était pas considérée comme étant en mesure d’influencer l’Asie.

 

5. (1) Avec la fin des guerres napoléoniennes, les grandes puissances européennes entrèrent dans l’ère du colonialisme et, de ce fait, entamèrent leur expansion vers l’Asie.
La menace croissante d’une colonisation du Japon fut progressivement perçue par les samouraïs qui représentaient la classe dirigeante sous le shogunat Tokugawa. Surtout, la Guerre de l’Opium qui opposa la Chine et l’Angleterre de 1840 à 1842 fut un des éléments déclencheurs des mouvements réformateurs qui secouèrent le Japon par la suite. En 1858, le shogunat Tokugawa fut contraint par les grandes puissances occidentales de signer des traités d’amitié avec les Etats-Unis, et quatre grands pays européens (la France, l’Angleterre, les Pays-Bas et la Russie), mettant ainsi fin à 220 ans de politique de fermeture du pays et ouvrant le Japon au commerce international.
Cette ouverture provoqua des conflits fratricides entre le shogunat qui avait signé ces accords internationaux et ceux qui se rassemblèrent autour de l’Empereur pour s’y opposer. Après plusieurs années de violents affrontements internes et de guerre civile, le Japon unifié sous le nouvel Empereur Meiji entama le véritable processus de modernisation pour préserver son indépendance dans un contexte de pleine expansion des puissances occidentales en Asie.

 

(2) Au cours de cette modernisation, ou en d’autres termes de cette occidentalisation, le Japon s’inspira beaucoup de la France et de l’Angleterre (puis, après la guerre franco-prussienne de 1870, de l’Allemagne). La philosophie, la pensée démocratique, le droit (en particulier le Code civil), l’industrie, l’organisation des forces armées et de police sont des exemples des innombrables domaines où la France influença le Japon.
Sur le plan industriel par exemple, un Français, originaire de la région de Lyon, est particulièrement connu pour son apport considérable au projet de modernisation du Japon. Il s’agit de Paul Brunat, qui conseilla et dirigea la construction et les débuts de l’activité de la filature de Tomioka. Celle-ci fut la première du Japon à être équipée de métiers mécaniques et se situe à environ 100km au Nord de Tokyo.
Sans l’aide de la France, la modernisation du Japon aurait sûrement été très différente.

 

(3) Si vous me permettez de parler brièvement de ma famille, mon grand-père et mon père furent tous deux officiers de l’Armée Impériale qui avait été bâtie sous une influence française et allemande. C’est pourquoi ils furent amenés à apprendre le français à l’école militaire. Ainsi, ils appartenaient à ce qu’on appelait à cette époque « l’école française » de l’armée de terre. Et ils en étaient très fiers. Je me rappelle que vers la fin de leurs vies, tous deux lisaient régulièrement des livres en français. Si l’on inclut mes deux filles, ma famille entretient une tradition de francophonie et de francophilie vieille désormais de quatre générations. Et à la réflexion, on peut dire que cette situation familiale est le fruit de la politique que la France mena activement au milieu du 19e siècle à l’égard du Japon.

 

6. (1) L’histoire des relations franco-japonaises commença donc par une relation à sens unique. Toutefois, de son côté, le Japon eut une influence dans le domaine artistique, même si ce fut de manière plus discrète. Les estampes et la poterie japonaises notamment firent une forte impression sur les Français ; cette influence de la culture japonaise fut appelée « japonisme ». Ainsi, nous pouvons peut-être dire que les sensibilités de nos deux peuples trouvèrent des affinités dès le début de leurs échanges.

 

(2) Je pense qu’un certain nombre de personnes présentes aujourd’hui ont vu le film américain « Le Dernier Samouraï », avec l’acteur Tom Cruise dans le rôle principal. Son personnage dans le film s’inspire d’un jeune militaire français, le capitaine Jules Brunet. Le capitaine Brunet était responsable en second de la mission militaire qui fut envoyée au Japon en 1866 sur ordre de Napoléon III afin d’aider la modernisation de l’armée du shogunat Tokugawa. Peu de temps après leur arrivée, la situation politique interne du Japon fut bouleversée. Une force révolutionnaire formée autour de l’Empereur, permit à celui-ci de s’emparer du pouvoir. Malgré l’acceptation du nouveau rapport de force par le shogun lui-même, une partie de l’armée refusa cet état de fait afin de préserver l’honneur de la famille Tokugawa et des samouraïs. Brunet, abandonnant alors son statut de militaire français, rejoignit les rebelles qui furent repoussés jusqu’à Hokkaido, le territoire le plus au nord du Japon, où ils capitulèrent après des batailles meurtrières. L’écrivain japonais qui a retracé l’histoire du capitaine Brunet trouve, dans sa lutte typiquement française pour l’honneur malgré la défaite certaine, une résonnance du Bushido, c'est-à-dire de l’esprit des samouraïs.

Le Japon et la France : des caractères nationaux différents, des environnements internationaux différents, des diplomaties et politiques intérieures différentes

 

7. (1) Ce n’est là qu’une supposition mais, même si, lors de ces premières rencontres entre Français et Japonais, les âmes des deux peuples pouvaient se comprendre, comme le montre l’histoire du capitaine Brunet, les différences issues de leurs caractères nationaux, n’ont-elles pas parfois été source de surprise ou d’incompréhension entre nos deux nations ? Selon un sociologue américain, l’étude de l’identité nationale se base inévitablement sur un stéréotype de ce que sont les citoyens d’un pays, mais que ce même stéréotype ne se reflète véritablement que dans 30 à 40 % de la population. Même en restant conscient de ce danger, ne peut-on pas dire que Japonais et Français possèdent, dans certain sens, des caractères contrastés ?

 

(2) La différence entre l’individualisme des Français et la mentalité de groupe des Japonais est un sujet de discussion fréquent. Même un Japonais comme moi, qui a de nombreux contacts avec les Français, est souvent surpris par le nombre de fois où le mot « non » est prononcé dans une conversation. J’en viens même à me demander, si quoi que dise la première personne, une conversation ne commence véritablement qu’après que quelqu’un ait répondu « non ». Au Japon, le mot «non » est beaucoup moins utilisé dans la conversation. On dit « non » uniquement lorsque l’on est prêt à contrarier son interlocuteur. On pourrait même dire que c’est un art en soi d’exprimer ce sens de « non » sans le prononcer.
La superficie du Japon équivaut aux deux tiers de celle de la France, alors que sa population, avec 120 millions d’habitants, en représente le double. 80 % du territoire japonais est constitué de montagnes inhabitables. Certains disent même, qu’avec une densité de population aussi importante, si les Japonais disaient tout le temps « non » comme les Français, il serait impossible de garantir la stabilité du pays. Ils n’ont peut-être pas tort. Pour rester dans le sujet, les Japonais se sentent parfois écrasés par la volonté des Français à vouloir affirmer leurs opinions. A l’inverse, il semble que les Français sont parfois mal à l’aise quand un Japonais reste silencieux. Cela ne signifie nullement que les Japonais n’ont pas d’opinions propres. Mais, les Japonais, qui vivent au sein d’un groupe relativement homogène, s’attendent à ce que leur interlocuteur saisisse leurs intentions sans qu’ils aient besoin de les exprimer d’une manière explicite.
Bien évidemment il existe des différences de caractère entre Américains et Français, Français et Allemands, ou encore entre les habitants d’un même pays, comme entre les gens du Sud de la France et les Bretons. Cependant, il me semble qu’à de nombreux égards, les caractères des Français et des Japonais sont vraiment opposés.

 

8. Je vais à présent légèrement changer de sujet, afin d’évoquer les environnements internationaux, profondément différents, pour la France et le Japon. Située au centre du continent européen, la France est historiquement une terre où de nombreux peuples se sont rencontrés et même affrontés. Même après la naissance d’une identité nationale, la France a connu plus de périodes d’affrontements, intérieurs et extérieurs, que de périodes de paix. Cependant, après la fin de la Seconde guerre mondiale, et notamment après la fin de la guerre froide, la situation géopolitique de la France changea radicalement. A la suite de la disparition de la menace soviétique et grâce au développement de la construction européenne, l’Europe jouit de la stabilité et la prospérité. Malgré les quelques éléments d’instabilité qui restent, comme ses relations avec la Russie ou l’islamisme radical, il ne fait aucun doute que l’Europe est la région du monde la plus prospère et la plus paisible. Dans un monde dominé par la guerre et la pauvreté, elle représente un havre de paix et une région d’espérance pour l’humanité grâce à son économie développée et ses principes démocratiques.

 

9. (1) A l’extrême est du continent eurasiatique, se trouve le Japon qui a connu de nombreuses périodes où les contacts avec l’étranger étaient extrêmement réduits. Au cours de son histoire, le Japon n’eut à faire face à l’assaut de son territoire qu’à deux reprises ; l’invasion Mongole au 13ème siècle et l’occupation américaine lors de la seconde guerre mondiale. On pourrait dire que c’est son insularité qui a permis au Japon de vivre en paix avec le monde extérieur pendant la majeure partie de son histoire mais aussi que cette insularité gêne les efforts d’internationalisation, surtout au niveau de la mentalité.

 

(2) Comme je le mentionnais précédemment, la transformation géopolitique du Japon s’est effectuée au 19ème siècle lors de l’expansion des grandes puissances occidentales en Asie. Le Japon fut alors mêlé à l’histoire de la guerre et de la paix du reste du monde. Initialement, et jusqu’au déclenchement de la Première guerre mondiale, le Japon souhaitait exister dans le cadre d’une alliance avec la Grande-Bretagne, ce qui l’eut placé au côté de la puissance maritime britannique contre la puissance continentale Russe. Cependant, la Grande Bretagne fut supplantée, dans son rôle de figure de proue de la puissance anglo-saxonne, par les Etats-Unis qui, à la différence du premier, disputait avec le Japon l’hégémonie sur l’Océan Pacifique. Après la Seconde guerre mondiale, le Japon passa sous influence américaine ; il devint alors brièvement le terrain d’un conflit idéologique entre, d’une part, les forces politiques favorables à l’alliance avec les Etats-Unis, et, d’autre part, celles qui plaidaient soit pour la neutralité entre les camps socialiste et capitaliste soit pour une diplomatie franchement favorable à l’Union soviétique et la Chine communiste.

 

(3) Après la fin de la Guerre froide, les évolutions que représentent l’affaiblissement de la présence russe, et plus récemment, la montée en puissance de la Chine et de l’Inde et la percée économique des pays d’Asie, ont imposé des défis de politique extérieure au Japon, qui doit désormais réfléchir à sa survie et sa prospérité dans ce nouveau contexte.
De surcroît, la Corée du Nord, dont la forme géographique peut faire penser à un couteau pointé vers le cœur de l’archipel du Japon, continue de développer des armes nucléaires et des missiles à longue portée, et est source de grande instabilité dans la région.

 

10. En d’autres termes, si on considère que le développement de la paix, de la sécurité et des partenariats se base sur l’équilibre des forces entre les différents pays, on peut dire que le Japon ainsi que le reste de l’Asie de l’Est sont en pleine recherche d’un nouvel équilibre politique régional, contrairement à l’Europe qui y est plus ou moins parvenue après de longues périodes de conflits.


Heureusement, avec l’essor rapide de la mondialisation, les rivalités entre Etats ont tendance à dépendre plus de la puissance économique que de la puissance militaire, réduisant les possibilités de conflits, comme ceux entraînés par l’apparition successive de nouvelles puissances dans l’Europe du 19ème ou du début du 20ème siècle. Bien que cette différence au niveau de la situation politique internationale du Japon et de la France, surtout en ce qui concerne l’équilibre des forces qui entoure respectivement les deux pays, soit importante pour comprendre l’Asie ou le Japon, il me semble que cette perception reste peu développée chez nombre d’Européens.

 

11. Il existe une multitude d’autres différences entre la France et le Japon, mais je souhaiterais me limiter à deux points supplémentaires : la nature de la diplomatie et la politique intérieure. Concernant la nature de la diplomatie tout d’abord, comme je l’ai déjà évoqué, le Japon est apparu bon gré mal gré sur la scène politique mondiale avec l’arrivée en Asie des pays occidentaux au cours du 19ème siècle. Durant la Restauration de Meiji, les deux slogans officiels étaient, premièrement, « un pays riche, une armée forte » et, deuxièmement, « esprit japonais, technologies occidentales ». Autrement dit, le Japon visait à l’indépendance et la prospérité nationale par, d’une part, l’introduction de la technologie et des systèmes occidentaux tout en préservant l’esprit japonais et, d’autre part, le développement économique du pays et de sa puissance militaire.
Parmi ces slogans, celui d’« un pays riche, une armée forte » devait finalement amener à l’affrontement avec les puissances anglo-saxonnes avant de disparaître complètement avec la défaite de la Seconde Guerre Mondiale. Le Japon de l’après-guerre choisit son salut dans la coopération internationale, en protégeant son territoire national grâce au traité de sécurité nippo-américain et en possédant un minimum de forces armées propres. Mes amis français me demandent souvent comment un pays comme le Japon, avec une telle situation internationale, fait pour rester serein sans être une puissance nucléaire. Dans ma jeunesse, les « Mémoires de guerre du Général de Gaulle » étaient mon livre de chevet. Je peux donc tout à fait comprendre ce que sous-entend une telle question. Il est probablement nécessaire de rappeler l’abandon de toute volonté nationale de s’affirmer par les armes suite à la défaite de 1945, ainsi que la tragédie des deux bombes atomiques qui ont profondément marqué l’esprit des Japonais. Par ailleurs, il convient de rajouter l’apparition d’un consensus populaire vis-à-vis de la participation japonaise aux activités de maintien de la paix de l’ONU, avec l’apparition de nombreux conflits régionaux dans le monde de l’après-guerre froide, notamment dans les zones en développement.

 

12. Concernant le second point, à savoir la politique intérieure japonaise, de nombreux amis français me demandent ce que signifient les fréquents changements de Premier ministre. Il est vrai que la relative stabilité politique qui perdure dans la France de la 5ème République contraste avec la situation au Japon. Aujourd’hui, je n’ai pas le temps d’entrer dans les détails de la politique intérieure du Japon mais, face à cette question, ma réponse peut se résumer en trois points.
Premièrement, depuis la défaite de l’alliance gouvernementale composée des partis du PLD et du Komeitô (le parti bouddhiste) aux élections de la Chambre Haute en 2007, des forces politiques différentes et opposées sont devenues majoritaires dans chacune des deux Chambres. La Chambre Haute ayant plus de pouvoirs que le Sénat français, on assiste à l’apparition d’un blocage politique pouvant être qualifié de « cohabitation à la japonaise », et qui rend extrêmement difficile l’adoption de décisions politiques importants.
Deuxièmement, cette défaite de la coalition gouvernementale fut ironiquement le résultat de la réussite des réformes libérales (centrées sur les 3 axes de dérégulation, privatisation et décentralisation) que le Gouvernement KOIZUMI avait lancées au début des années 2000 pour rendre l’économie japonaise plus compétitive face à la mondialisation de l’économie. Ces réformes ayant entraîné un accroissement des inégalités entre riches et pauvres, villes et campagnes, grandes entreprises et PME.
Troisièmement, avec l’organisation des prochaines élections législatives au plus tard à l’automne prochain, il y a une possibilité croissante de voir un réalignement des partis politiques japonais ou un changement des partis au pouvoir. La vie politique japonaise, qui a été dominée par le Parti Libéral Démocrate depuis la seconde guerre mondiale, est ainsi en train de se rapprocher de celle de l’Occident qui permet l’alternance politique. En ce sens, c’est une période charnière pour le Japon, une période de transition pour permettre la naissance d’un nouveau style de gouvernance politique.
En m’exprimant de la sorte, je souhaite qu’on réalise que, même si le Japon et la France sont différents sur le plan de la stabilité politique, nos deux pays sont probablement confrontés aux mêmes problèmes avec l’essor de la mondialisation. Ils doivent, tous les deux, faire face notamment au problème difficile suivant : trouver des pistes pour renforcer la compétitivité économique tout en préservant la cohésion sociale.

 

Le développement des relations franco-japonaises : des échanges à sens unique aux échanges réciproques

 

13. Jusqu’à présent, j’ai cité plusieurs aspects où la France et le Japon diffèrent. Pourtant, ces deux pays, ces deux nations, ces deux peuples sont moins éloignés qu’il n’y parait. Il me semble au contraire qu’ils partagent de nombreux points et intérêts communs. Je suis convaincu que l’établissement d’un partenariat entre la France et le Japon sera bénéfique à nos deux pays et qu’il pourra également contribuer à la communauté internationale.
Précédemment, j’ai expliqué le rôle joué par la France dans la seconde moitié du 19ème siècle dans le processus de modernisation du Japon, période que je considère comme étant un premier chapitre glorieux dans l’histoire des relations franco-japonaises. Par la suite, la Première Guerre Mondiale épuisa l’Europe qui, après une courte période de paix et de prospérité dans les années 1920, connut le fascisme et la Seconde Guerre Mondiale. Les liens entre la France et le Japon déclinèrent durant cette période, mais la culture et la pensée françaises continuaient à rayonner dans le cœur des Japonais. Je suis né en 1946 et, durant toute mon adolescence, le cinéma, la littérature et les chansons populaires françaises fascinèrent les gens de ma génération. Je me rappelle de ce café à Tokyo qui avait été ouvert par « Les Deux Magots » de Saint-Germain des Près et où de jeunes japonais habillés comme des existentialistes fumaient des gauloises avec un visage grave.
A l’inverse, il me semble que le Japon restait pour la plupart des Français un petit pays d’Extrême-Orient encore mal connu, ou bien un pays dénué d’intérêt, ou encore un pays avec un marché économique fermé et qui représentait une menace. Au début des années 1970, quelques années après mon entrée dans la fonction diplomatique, j’étais en charge des relations diplomatiques avec la France au sein du Ministère des Affaires étrangères à Tôkyô. A l’époque, on considérait que les produits japonais comme les appareils électriques, les automobiles et l’acier menaçaient le marché français, voire européen. C’est pourquoi ensuite la Communauté européenne a demandé au Japon d’appliquer une autolimitation de ses exportations (on a par exemple demandé que la part des ventes de voitures japonaises en France ne dépasse pas 3 % du marché).

 

14. (1) Ces liens évoluèrent grandement à partir de la seconde moitié des années 1980. La distance entre nos deux pays diminua et des relations profondes, plus équilibrées, commencèrent à être établies. Cette période continue encore aujourd’hui et je la considère comme le second chapitre brillant de l’histoire de nos relations.

 

(2) Dans le domaine économique, les investissements directs entre nos deux pays connaissent un essor remarquable. La France est le troisième pays investisseur au Japon, après les États-Unis et les Pays-Bas, et le Japon est le deuxième partenaire non-européen de la France après les États-Unis. L’alliance de Renault et Nissan ou l’installation d’un site de production de Toyota dans la banlieue de Valenciennes sont des exemples connus, mais j’évoquerais également le récent partenariat entre le SNR Roulements, une société française basée à Annecy et l’entreprise japonaise NTN, également fabricant de roulements à billes. Il y a actuellement environ 450 entreprises françaises établies au Japon, et environ 450 entreprises japonaises en France. S’il est vrai qu’environ 60% des entreprises japonaises installées en France sont concentrées dans la Région Ile de France, il existe aussi une quarantaine d’entreprises japonaises situées dans la Région Rhône-Alpes, une vingtaine dans le Nord Pas de Calais et en Aquitaine, et une quinzaine en Bretagne, en Alsace et en Picardie.

 

(3) Sur le plan scientifique et technologique, les résultats sont particulièrement visibles dans le domaine de l’énergie nucléaire. Nos deux pays sont ainsi à l’avant-garde en matière de technologies de recyclage des combustibles nucléaires et, comme vous le savez déjà, une usine de retraitement est en cours de construction dans le nord du Japon avec l’aide de la France. D’autre part, le groupe AREVA et la société japonaise Mitsubishi Heavy Industries collaborent au développement d’un réacteur de taille moyenne de 3ème génération (ATMEA 1). De même, de nombreux efforts sont faits pour renforcer les coopérations entre les clusters japonais et les pôles de compétitivité français, dont le but est le développement de nouvelles sciences et technologies tout en favorisant le développement des régions et des PME locales, ainsi que la coopération entre les acteurs économiques, académiques et institutionnels. Lors de sa visite officielle au Japon en avril de l’année dernière, le Premier ministre François FILLON et le Premier ministre japonais de l’époque, M. Yasuo FUKUDA, ont adopté une déclaration économique portant aussi sur ces points.

 

(4) On constate également un renforcement des échanges au niveau des collectivités locales. En octobre 2008, la ville de Nancy a organisé à l’initiative de son Maire, M. André ROSSINOT, les Premières Rencontres de la coopération décentralisée entre nos deux pays. Regroupant les représentants de nombreuses villes jumelées japonaises et françaises, elles ont permis de débattre sur de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les collectivités locales de nos deux pays, comme l’environnement ou les transports urbains.
A cet égard, permettez-moi de vous rappeler que les Villes de Yokohama et de Lyon célèbrent cette année le 50ème anniversaire de leur jumelage. D’ailleurs, en 1864, la population des résidents français à Yokohama, l’un des 5 ports ouverts conformément aux traités de 1858, s’élevait à 56 personnes, dont 17 négociants impliqués dans le commerce de la soie, sur une population étrangère de 283 ressortissants. Je souhaite que Lyon et Yokohama, les deux villes qui ont marqué le début des relations franco-japonaises grâce aux échanges de la soie, promeuvent davantage de projets de coopération et d’échanges entre elles.

 

15. Pour ce qui est des échanges entre citoyens, alors que la France représente pour un grand nombre de japonais « un pays des rêves » sur le plan culturel, le Japon, pour une majorité de Français, restait jusqu’à il y a peu un pays énigmatique, voire inconnu. Et il fallut attendre les années 1980 pour que cette perception commence à évoluer.
L’exemple le plus concret de cette évolution est la cuisine japonaise. La première fois que je suis venu en France en tant que diplomate en formation, Paris ne comptait alors que 5 ou 6 restaurants japonais. Aujourd’hui, on en compte plus de 650 (même si un grand nombre d’entre eux n’ont pas de chefs japonais et servent des plats qu’on peut difficilement qualifier de japonais). Quant à Lyon, en effectuant une recherche par internet ou dans les pages jaunes, on trouve déjà plus de 35 restaurants japonais. Ainsi, on peut dire que la cuisine japonaise commence à pénétrer la vie quotidienne des Français.
La même évolution est visible dans les arts martiaux. Avec 600 000 pratiquants, le judo est aujourd’hui le troisième sport le plus populaire en France après le football et le tennis. Le karaté et l’aïkido ne sont pas non plus en reste, avec respectivement 200 000 et 70 000 licenciés. On est ainsi surpris de découvrir que même le plus petit village de France dispose d’un dojo équipé de tatamis.
Enfin, les librairies présentent dans leurs rayonnages, à côté des œuvres de MISHIMA et de KAWABATA, les traductions de romanciers appréciés des jeunes lecteurs japonais comme YOSHIMOTO Banana et Haruki MURAKAMI, et les mangas connaissent une grande popularité auprès du jeune public.

 

Vers un nouveau partenariat franco-japonais

 

16. Dernier point que je souhaiterais aborder ici, le devenir des relations franco- japonaises.

 

(1) J’ai présenté précédemment comment les liens entre nos deux pays s’étaient développés. J’aimerais néanmoins souligner la nécessité de donner un nouvel élan aux relations bilatérales entre nos deux pays. Malgré le développement de liens que nous avons pu observer durant les dernières décennies, nos relations ne sont pas encore à la hauteur des espérances, si l’on considère le poids économique et politique de ces deux grandes nations sur la scène internationale.
Le renforcement du partenariat avec le Japon, seule démocratie développée en Asie, permettrait indubitablement à la diplomatie française de devenir plus globale. De même, en renforçant ses liens avec la France, un des « leaders » au sein de la Communauté européenne, la diplomatie japonaise gagnerait en diversité et ne concentrerait plus son énergie uniquement sur les États-Unis, la Chine et la Russie, la péninsule coréenne ou encore l’Asie du Sud-Est.

 

(2) Notons également que la France et le Japon font face à des défis communs. La mondialisation a apporté beaucoup de richesses aux êtres humains, mais également de nombreux problèmes, de nombreuses sources de conflits et de nombreuses contradictions à l’échelle mondiale. Ainsi, l’actuelle crise financière, l’accroissement de la pauvreté en Afrique, le changement climatique, entre autres, ont fait leur apparition. C’est pour faire face à ces problèmes que la France et le Japon doivent davantage renforcer leur coopération. Une telle coopération représenterait un atout non seulement pour nos deux pays, mais aussi, si j’ose dire, pour le monde entier.

 

(3) Surtout, l’actuelle crise économique et financière ne peut être surmontée sans une coopération et coordination urgente de tous les pays, notamment les pays développés et les pays émergents.
Le FMI prévoit que les économies du Japon et de la zone euro se contracteront respectivement de 5,8% et de 3,2% en 2009. Le FMI n’a pas encore annoncé de chiffre pour la France, mais il serait aux alentours de - 3%. Quant à l’Allemagne, son taux de croissance pour l’année 2009 serait d’environ - 5%. Le Japon et l’Allemagne ont été frappés par la crise plus fortement que la France car leur croissance économique dépendait davantage du commerce extérieur. De plus, le Japon a beaucoup souffert de la hausse du yen.
Au début de la crise, le secteur bancaire de nos deux pays s’est révélé relativement résistant par rapport au celui des Etats-Unis et de l’Angleterre. Mais l’économie réelle de nos deux pays n’a pas pu échapper aux effets négatifs de la crise financière. Au Japon, la nécessité d’injecter des fonds publics dans le secteur bancaire n’est pas encore ressentie, à l’exception de trois banques régionales de petite taille auxquelles le Gouvernement japonais a décidé de tendre la main.
Par ailleurs, le Gouvernement japonais a déjà annoncé à deux reprises un nouveau plan de relance (au total environ 94 milliards d’euros et 2% du PIB). Le Gouvernement de M. Sarkozy a également annoncé des mesures pour la relance de l’économie française dont le montant total atteindrait 26 milliards d’euros (soit 1,3% du PIB).
Néanmoins, pour que les mesures économiques et financières prises par chaque pays ou chaque zone économique soient efficaces pour le redressement de l’économie mondiale, il est important, au travers du processus du G20 entamé sur la proposition du Président Sarkozy, de coordonner les actions de chaque pays, notamment dans les domaines suivants : i) les mesures pour la relance économique, ii) la lutte contre le protectionnisme, iii) la réforme et le renforcement du système financier, iv) la réforme du FMI et d’autres institutions financières internationales, v) l’aide pour les pays en développement.
De ce point de vue, la coopération est impérative entre le Japon, deuxième puissance économique mondiale dont le PIB représente plus de 40% de celui de la région de l’Asie de l’Est, et la France, l’un des chefs de file de l’Union européenne.

 

17. Ainsi, je souhaiterais présenter cinq points sur lesquels la France et le Japon se rapprochent, et qui pourraient constituer une base solide pour un renforcement futur de leur coopération.

 

(1) Premièrement, la France et le Japon partagent l’idée que le système économique mondial et national doit reposer, d’une part sur l’équilibre entre régulations et libre concurrence, et d’autre part l’équilibre entre les secteurs public et privé. Ainsi, nos deux pays sont préoccupés par la tendance, favorisée par le système actuel, de rechercher des bénéfices à court terme, qui a poussé à la spéculation et à l’accélération des mouvements financiers. Au niveau des entreprises, nos deux pays soutiennent le secteur manufacturier et favorisent une gestion privilégiant les bénéfices à long terme, l’innovation technologique ainsi que la formation des ressources humaines.

 

(2) Deuxièmement, la France et le Japon partagent certaines valeurs fondamentales, à savoir la démocratie et la protection des droits de l’homme. Contrairement à ce que pensent certains, l’établissement de la démocratie japonaise n’est ni récent ni superficiel. En 1889, soit 20 ans après l’effondrement du shogunat Tokugawa, le Japon devint une monarchie constitutionnelle avec la promulgation de sa première Constitution d’inspiration occidentale. En 1928, on introduisit le suffrage universel masculin et, en 1945, le droit de vote fut reconnu aux femmes. Aux États-Unis et en Angleterre, le suffrage universel masculin fut introduit respectivement en 1870 et en 1918 et, en France, le suffrage universel féminin fut adopté en 1945 (le suffrage universel masculin datant de 1792). Le Japon soutient ainsi la comparaison avec ces pays en matière de tradition démocratique. Nos deux pays attachent également une importance primordiale à la sauvegarde de la diversité culturelle dans un monde de plus en plus globalisé et uniformisé. Nos deux peuples ont un fort attachement pour leur culture nationale, fondée sur de longues traditions et un caractère raffiné. Nous sommes aussi convaincus que c’est précisément par la préservation et même le développement de ces diversités culturelles que nous pourrons enrichir la vie des habitants de cette planète.
Afin de créer un monde nouveau et de répondre aux aspirations de chacun, il est essentiel de se baser sur ces valeurs fondamentales.

 

(3) Troisièmement, la France et le Japon, tous deux pays promoteurs d’une politique à la fois modérée et constructive, considèrent comme vitale la stabilité et la paix dans le monde. L’objectif de nos deux pays n’est pas de changer radicalement les cadres existants. Réformateurs mais réalistes, la France et le Japon sont déterminés à contribuer à la résolution des conflits régionaux et à la lutte contre la prolifération nucléaire et pour la diminution de la pauvreté en Afrique.

 

(4) Quatrièmement, en tant que pays démocratiques développés, le Japon et la France font face aux mêmes problèmes chez eux. Nos pays doivent notamment relever le défi majeur que représente la mondialisation ; réformer nos institutions économiques et sociales afin de les adapter aux demandes de notre temps. Entre autres, le vieillissement de la population, la difficulté à maintenir l’actuel système de sécurité sociale universelle et la lutte contre la fracture sociale sont des problèmes communs auxquels nos deux pays, ainsi que tous les autres pays développés, sont confrontés.

 

(5) Cinquièmement, je souhaiterais évoquer l’amour de nos deux peuples pour la Nature. Cette raison explique à elle seule notre sensibilité aux problèmes environnementaux. Jusqu’au début des années 1970, le Japon était confronté à un grave problème de pollution, mais après les deux chocs pétroliers, il a donné la priorité à l’efficience énergétique et au développement de mesures en faveur de l’environnement. Aujourd’hui, son taux d’émission de CO2 par unité de PIB est l’un des plus bas des pays développés et son volume de déchets par habitant est inférieur d’environ 100 kg aux 353 kg par an de la France. Le Japon dispose également des meilleures technologies au monde en matière de véhicules hybrides, électriques ou d’énergie solaire et dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, la coopération technologique franco-japonaise recèle un fort potentiel. Nous pouvons également collaborer dans l’aide en faveur des pays en développement, comme le prouve l’attribution en octobre dernier par la France et le Japon d’un prêt au développement (d’un total de 500 millions de dollars) à l’Indonésie, pays en développement arrivant au 4ème rang mondial par sa population, afin de le soutenir dans ses politiques environnementales.

 

18. Voilà donc pourquoi un dialogue et une coopération renforcés et multipliés s’imposent à nous. Il est de mon avis qu’après les deux grandes périodes qu’ont connues les relations franco-japonaises, à savoir la période de modernisation du Japon puis la période d’équilibrage et d’intensification de ses relations au cours des années 80 et 90, nous entrons à présent dans une « troisième période », celle d’un partenariat renforcé pour affronter ensemble les défis globaux.
L’année 2008 qui vient de s’achever a célébré le 150ème anniversaire des relations franco-japonaises ; comme je l’ai dit tout au début de mon intervention, plus de 750 manifestations culturelles et symposiums ont été organisés dans toute la France pour commémorer cet événement, contribuant ainsi au développement de la compréhension mutuelle. Ce qui me paraît le plus significatif quand on pense à l’avenir de nos relations bilatérales, c’est le fait que de nombreux accords ont été conclus durant cette année, notamment pour renforcer la coopération dans le domaine du commerce, des investissements, des pôles de compétitivité et de la science et de la technologie. A la suite de sa participation au Sommet du G8 au Japon en 2008, le Président SARKOZY est de nouveau attendu dans notre pays cette année. Nous souhaitons que ces multiples contacts constituent le point de départ qui permettra l’établissement d’un programme d’actions sur le moyen et le long terme, et lancera le nouveau partenariat portant sur les défis globaux auxquels nos deux nations font face.

 

Je vous remercie pour votre attention.


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