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Bourse d'étude et de recherche

La voix d'anciens boursiers



Mlle Typhanie Isard
(Boursière d'études et de recherche)

Séjour au Japon : d'octobre 2009 à octobre 2011
Université de Tokyo
Graduate School of Engineering, Department of Nuclear Engineering & Management (Master)
Recherche sur la caractérisation et la gestion des déchets nucléaires

Après deux ans passés au Japon, je peux maintenant le dire sans aucune hésitation : « Je me sens japonaise ». La bourse Monbugakusho est bien plus qu'une bourse d'étude et de recherche. Elle permet de se fondre dans le pays, d'en assimiler la culture et de devenir japonais dans l'âme. Alors merci, merci, merci ! Merci à l'Université de Tokyo, merci aux membres du Takahashi Lab, et surtout, merci au gouvernement japonais pour cette magnifique bourse !

Dès mon entrée à SUPELEC, j'avais décidé de faire ma troisième année d'étude au Japon. Les démarches ont été longues et difficiles. Pour préparer mon départ en octobre 2009, j'ai commencé à me renseigner à propos des bourses et des programmes d'échange dès l'hiver 2007. L'administration de SUPELEC m'a informé de l'existence de la bourse Monbugakusho, mais l'école n'ayant pas d'accords particuliers avec des universités japonaises, j'ai effectué la plupart des démarches seule.
J'ai donc suivi les conseils présentés sur le site internet de l'Ambassade du Japon à Paris. Après avoir défini mon projet d'étude, j'ai contacté par e-mail les laboratoires que je souhaitais intégrer, et rempli avec le plus grand soin les documents pour postuler à la bourse. Lorsque j'ai reçu une réponse positive de la part de mon futur directeur de recherche, j'avais déjà passé les tests de langues et l'interview pour la bourse, mais je n'avais pas encore de réponse. Je n'ai reçu de confirmation d'obtention de la bourse qu'au printemps 2009, et j'ai accueilli cette nouvelle avec le plus grand soulagement. Tout s'est alors accéléré. Je suis partie au Japon en août 2009 pour passer l'examen d'entrée en Master à l'Université de Tokyo, je suis rentrée quelques jours en France pour obtenir mon visa étudiant de deux ans, et je suis repartie, en octobre, avec le billet d'avion qui m'avais été remis.

Mes deux années d'étude et de recherche à l'Université de Tokyo ont été riches en expériences. J'ai pu assister à des cours de grande qualité, à des séminaires organisés en collaboration avec l'Université de Berkeley (USA) ou avec l'Université de Tsinghua (Chine), et effectuer des expériences avec des équipements de pointe ou des visites de laboratoire de recherche ou de centrales nucléaires. J'ai également bénéficié des cours de japonais organisés par l'Université de Tokyo. Les membres de mon laboratoire et mes amis de l'Université ont été ma famille japonaise durant ces deux années. Jusqu'à ma remise des diplômes ou j'ai revêtu le hakama traditionnel, j'ai profité au maximum de toutes les opportunités qui se présentaient à moi, en tant qu'étudiante de l'université de Tokyo.

Les études que l'on peut effectuer grâce à la bourse Monbugakusho sont diverses et variées. Il ne me semble donc pas nécessaire de détailler ici le contenu de mes recherches. Mais mon conseil le plus important est le suivant : « Profitez ! » Comme je l'ai dit précédemment, la bourse Monbugakusho est bien plus qu'une bourse d'étude. Elle m'a par exemple permis de voyager à travers tout le Japon, de Okinawa jusqu'à Hokkaido. J'ai bien entendu visité les grands lieux du tourisme : Tokyo, Osaka, Kyoto, Hiroshima, le Mont Fuji… Mais j'ai aussi pu aller dans des endroits que même mes amis japonais n'avaient pas visité, comme la magnifique île de Yakushima, au sud de l'île de Kyushu, ou le Japan Open-Air Folk Museum (Nihon Minka-En) à Kawasaki.

J'étais à l'Université de Tokyo le 11 mars 2011. Il me semble donc important de prévenir toutes les personnes souhaitant partir au Japon. Les petits séismes sont monnaie courante au Japon. J'étais prévenue et j'y étais donc préparée. Mais les catastrophes qui se sont produites le 11 mars ont été d'une rare violence. Même si Tokyo a été épargné et que je n'ai eu à subir aucun dégât, voir toute une nation meurtrie par ce séisme, ce tsunami et cet accident nucléaire ne peut laisser personne indifférent. Pour moi, qui effectuais mes recherches dans le domaine du nucléaire, ces évènements ont pris une signification toute particulière.

Pourtant, malgré ces catastrophes, si j'en avais la possibilité, je repartirais sans hésiter. Le Japon est bien plus que le pays des séismes et des tsunamis. Le Japon est bien plus que Fukushima. Je n'ai jamais vu un peuple être aussi solidaire, être aussi généreux qu'au Japon après le 11 mars 2011. Pour moi, il ne fait aucun doute que le Japon se relèvera. Et peut-être que maintenant, plus que jamais, il est nécessaire et bénéfique, pour le Japon comme pour les étudiants étrangers, que des étudiants profitent de la bourse Monbugakusho et partent étudier au Japon.

Pour finir, je n'ai donc qu'un seul conseil à donner à ceux qui envisagent de partir au Japon : profitez ! Si vous avez la possibilité de bénéficier de la bourse Monbugakusho, ne laissez pas passer cette chance et profitez-en ! Si vous pouvez partir au Japon, n'hésitez-pas ! Et une fois là-bas, profitez de tout ce qui s'offrira à vous ! Depuis les traditions les plus anciennes, jusqu'aux nouveautés électroniques ou artistiques, en passant par la gastronomie, la mode, la musique ou les paysages extraordinaires, profitez de tout ! Vous ne le regretterez pas.

Mme Marylène GERVAIS
(Boursière d'études et de recherche)

Séjour au Japon : d'octobre 2001 à mars 2003
Université de Tokyo
Spécialité : Sciences Politiques
Sujet : L'individualisme dans la pensée politique japonaise

La vie au campus
J'ai effectué mes études sur le campus de Hongo. C'est un lieu empreint d'histoire dont le grand amphithéâtre à vu passer les plus grands intellectuels du Japon. Un parc occupe le centre du campus et il est très agréable de se promener aux milieux des érables en automne et des cerisiers en fleurs au printemps. La cafétéria est aussi réputée pour servir de bons plats à petit prix, ce qui attire les étudiants des autres universités alentours.

La faculté de droit et de sciences politiques
- La faculté de droit et de sciences politiques est particulièrement réputée au Japon. Elle forme les hauts fonctionnaires des ministères japonais à l'instar de l'ENA en France. Si l'enseignement y est de très haute qualité, sa structure est néanmoins différente des facultés françaises :
- Les étudiants de sciences politiques sont mélangés aux étudiants de droit, ce qui n'est pas le cas en France et cela crée une atmosphère particulière. Les débats et autres discussions des facultés de sciences politiques françaises sont ici plutôt rares, voire inexistants.
- Cette faculté est la moins ouverte aux étudiants étrangers : très peu d'occidentaux étudient ici, ce sont davantage les élites japonaises qui y transitent. Quelques étudiants coréens et chinois y étudient le droit mais rares sont les Européens, même si la tendance est à une légère hausse. De ce fait, il peut être difficile pour les étudiants étrangers de s'intégrer à la vie étudiante. C'est la raison pour laquelle je me suis particulièrement investie dans l'étude de la langue japonaise afin de pouvoir m'intégrer à la vie de cette faculté et suivre les séminaires de sciences politiques.

Le directeur de recherche
Mon directeur de recherche pendant mes études à l'université de Tokyo était un spécialiste de l'histoire de la pensée politique japonaise. J'ai donc principalement assisté à ces séminaires et c'est lui qui m'a guidé tout au long de mon séjour. Le directeur de recherche est là pour orienter l'étudiant non seulement dans le domaine de ses études mais également dans sa vie quotidienne au Japon. Il est donc essentiel de le rencontrer régulièrement et de ne pas hésiter à lui demander conseil si on rencontre des difficultés. Ce professeur est en quelque sorte le garant de la bonne réussite du séjour de l'étudiant boursier.

Le choix du tutorat
Mon directeur de recherche m'a conseillé un de ses étudiants comme tuteur dans le cadre de mon apprentissage du japonais classique, nécessaire à la lecture d'une œuvre étudiée dans un de ses séminaires. Le tutorat est une bonne chose mais il est préférable que les deux étudiants se mettent d'accord entre eux à l'avance et demandent ensuite au professeur son accord, plutôt que ce dernier l'impose en quelque sorte à un de ses élèves.

Le centre d'apprentissage des langues
Les boursiers du gouvernement japonais bénéficient de 6 mois d'enseignement du japonais dans ce centre. L'enseignement est de qualité et les professeurs dynamiques. C'est un point de rencontre entre les étudiants étrangers des différentes facultés. J'ai moi-même fait la connaissance de deux étudiantes chinoises, une Norvégienne, un Suisse et une Russe avec qui je me suis liée d'amitié tout au long de mon séjour. Je conseille donc à tous les étudiants de bien suivre ces cours, même si leur niveau est avancé en japonais. Grâce à ce centre, j'ai pu entretenir des relations avec des étudiants en dehors de ma faculté.

Conclusion
Mon séjour d'études au Japon a été profitable sur le plan de mes études en sciences politiques. Il m'a également permis d'approfondir mes connaissances de la langue japonaise ainsi que de rencontrer des étudiants d'autres pays asiatiques (chinois, coréens). La clé de la réussite d'un séjour universitaire au Japon réside dans la motivation personnelle, l'ouverture à la culture japonaise et l'instauration de bonnes relations avec les étudiants et son directeur de recherche.

M. Jonathan Le Roux
(Boursier d'études et de recherche)

Séjour au Japon : d'avril 2005 à mars 2009
Université de Tokyo
École Doctorale de Sciences et Technologies de l'Information

Ma rencontre avec le Japon a lieu à... Pékin. À mon entrée au département de mathématiques de l'École Normale Supérieure, rien ne me destinait particulièrement à m'intéresser à l'Asie ni ne présageait de la « dérive orientale » (j'emploie le terme affectueusement) qui m'attendait. Pas vraiment de propension notable pour les mangas ou le thé vert, le kung-fu ou le mahjong, le kimchi ou le soju. Ayant commencé (par hasard : un ami réussissant à déchiffrer un caractère du menu d'un restaurant chinois et m'invitant à assister avec lui aux cours gratuits de l'ENS) à apprendre le chinois en dilettante, un premier séjour linguistique en Chine pendant l'été 2000 me fit découvrir les vertus de la vie d'étudiant étranger. Convaincu qu'il fallait tenter l'expérience plus longuement, je revenais un an plus tard à Pékin pour une année au terme de laquelle, regardant autour de moi, le constat, limpide, s'imposa : la grande majorité de mes amis étaient japonais. De retour en France, il me sembla donc naturel d'aller voir à quoi ressemblait le Japon. Je pensais d'abord simplement voyager un mois pendant l'été, mais j'eus la chance de pouvoir profiter d'une bourse de l'AIEJ (aujourd'hui devenue JASSO, agence qui s'occupe de l'aide aux étudiants japonais comme étrangers) qui me permit de rester un an au département de mathématiques de l'université de Tokyo en 2003-2004. Inutile de dire que cette première année ne fut pas décevante et me convainquit de rester au Japon pour faire une thèse. Je souhaitais aussi ne pas reproduire l'erreur que j'avais conscience d'avoir faite en quittant la Chine au bout d'un an seulement, soit exactement le moment où l'on commence à suffisamment maîtriser les lieux, la langue et le rapport aux autres pour réellement dépasser le superficiel et tirer les fruits de tous les efforts consentis jusque là. Il me paraissait fondamental de s'inscrire dans la durée pour tisser des liens forts, pour mener à bien des projets à plus long terme, qu'ils soient académiques ou artistiques. Après avoir trouvé un laboratoire d'accueil en traitement du signal audio (en quelque sorte un point médian entre ma formation mathématique originelle et mes goûts pour la musique et l'apprentissage des langues), je me suis donc porté candidat à la bourse du Monbukagakusho, grâce à laquelle j'ai pu poursuivre mes études à Tokyo à partir d'avril 2005. Après une première année comme « research student » (), je suis entré en doctorat en avril 2006, et ai obtenu mon diplôme en mars 2009. Ma bourse a été renouvelée sans problème au bout de deux ans pour me permettre d'être financé jusqu'à la fin de ma thèse, soit quatre ans au total. Les conditions de recherche dans mon laboratoire ont été exceptionnelles : j'ai pu participer à de très nombreuses conférences à la fois au Japon et à l'étranger, visiter des universités pour présenter mes travaux, et travailler dans des conditions matérielles très confortables. Le seul bémol réside peut-être dans la complication des démarches administratives dûe au fait que j'ai souhaité obtenir le diplôme de doctorat à la fois au Japon et en France : l'Université de Tokyo ne reconnaissant pas les thèses en co-tutelle (au contraire de la plupart des autres universités japonaises), il m'a fallu m'inscrire et effectuer toutes les démarches indépendamment dans les deux pays, et soutenir deux fois ma thèse ! C'est tout à fait possible, mais demande simplement beaucoup d'efforts : psychologiquement un peu plus de deux fois plus...

Un des sentiments les plus marquants et grisants que l'on peut retirer de la poursuite de ses études à l'étranger est sans doute celui de liberté, d'infinité des possibles. Se retrouver loin de son cocon si confortable oblige à expérimenter, à explorer, et tôt ou tard à découvrir : d'autres cultures, d'autres façons de communiquer et d'échanger, d'autres amitiés. Au centre de ces découvertes se trouve bien sûr l'apprentissage de la langue, tâche qui peut paraître parfois effrayante mais que j'encourage ceux qui débutent un séjour au Japon à considérer plutôt comme un fil conducteur sur leur chemin personnel : chaque jour est source de nouvelles rencontres et expériences qui se reflètent dans les nouveaux mots et les nouvelles expressions que l'on acquiert, et la sensation d'avancer et de voir sa vie évoluer au quotidien trouve en la progression dans la langue une incarnation bien concrète. Et n'est-il pas plus facile de poursuivre ses efforts quand on peut se rendre compte qu'ils portent chaque jour leurs fruits ?

Mes conseils pour faciliter l'apprentissage de la langue sont simples. Parler, bien sûr : cela paraît stupide, mais nombreux sont ceux qui, par timidité sans doute, n'osent pas se lancer. Les premiers mots sont difficiles, mais rien ne peut démarrer sans eux ! Écrire: un blog (être lu est un puissant stimulant !), ou un journal plus personnel par exemple. Lire : les news dans les journaux ou sur internet, des mangas, des romans aussi. Regarder la télévision, dont les émissions sont très souvent sous-titrées en japonais : rien de tel pour améliorer à la fois sa compréhension orale et visuelle, tout en grapillant quelques parcelles de la culture populaire actuelle. Écouter de la musique : le panorama musical nippon est très large et ne se limite pas du tout à la J-pop, il y en a donc pour tous les goûts. Apprendre des paroles de chansons est un bon moyen pour découvrir de nouvelles expressions, et si l'on souhaite réviser, il suffit de chanter ! Le karaoké nous tend en effet les bras...

La finalité ne s'arrête pas ici à l'apprentissage de la langue ou de la culture : il s'agit de faire petit à petit partie de la société japonaise, de multiplier les affinités avec ses membres, de pouvoir partager des références, des anecdotes, des expressions, pour finalement se sentir l'un d'eux, à sa place. La clé de ce programme est à mon avis la suivante : se faire des amis, et cultiver en particulier les amitiés les moins évidentes. On peut bien sûr beaucoup apprendre des relations avec d'autres étudiants étrangers ou des étudiants japonais apprenant le français, mais ces rencontres se produiront « naturellement » et je ressens donc moins la nécessité d'insister sur leur importance. Rencontrer des Japonais avec qui on n'a a priori pas de raison particulière de faire connaissance peut par contre paraître plus difficile, mais est, j'en suis persuadé, une étape très importante qui non seulement élargit l'horizon mais aussi normalise en quelque sorte la relation au pays d'accueil, puisque c'est après tout souvent ainsi que naissent les amitiés dans son propre pays. Nombreux sont hélas les étrangers qui n'ont jamais la chance de franchir cette étape, par manque d'occasions ou tout simplement parce qu'ils n'ont pas conscience de son importance. Les boursiers du Monbukagakusho ont la chance d'être à l'université, où de telles occasions ne manquent pas : il suffit de les connaître. Quelques pistes : dans son laboratoire bien sûr, mais aussi dans les très nombreux cercles sportifs et culturels où l'on est souvent l'un des seuls étrangers.

Comme les paragraphes précédents le suggèrent, l'aventure que constituent les années de boursier au Japon est extrêmement riche sur le plan humain et culturel. Mais avoir l'opportunité d'étudier dans la deuxième économie mondiale et de se familiariser avec elle, sa manière de travailler et de penser, est bien sûr également un atout exceptionnel dans un parcours professionnel et scientifique. Les quelques conseils que je me suis permis de donner ci-dessus aideront je l'espère les futurs boursiers et étudiants au Japon à se mettre dans les meilleures conditions pour profiter de leur séjour sur tous ces plans. Quoi qu'il en soit, je ne peux que les encourager à considérer dès le début ce séjour non comme une parenthèse temporaire qui serait appelée à se refermer, mais comme un tournant, une ouverture et le début d'une longue et belle relation avec un pays, une culture et un peuple aux richesses inépuisables.

M. Guillaume Chevant
(Boursier d'études et de recherche)

Séjour au Japon : d'octobre 2001 à mars 2003
Université de Tokyo
Département de Mécano-Informatique
Recherche en robotique humanoïde

A l'entrée dans mon école d'ingénieur (Centrale Paris), j'ai eu la possibilité d'étudier d'autres langues étrangères que celles que j'avais travaillées auparavant (anglais et espagnol). Le japonais m'intéressait à l'époque mais je ne savais pas encore vers quelle aventure cela allait m'emmener. A la fin de ma première année, on m'a donné la possibilité de partir en stage dans une entreprise au Japon (Kawasaki Heavy Industries), ce que j'ai accepté afin de découvrir ce pays, sa culture et d'améliorer mes compétences en japonais. Ayant été enchanté par les quelques semaines que j'ai passées au Japon lors de ce stage, j'ai entrepris les démarches pour partir y faire des études.

C'est donc en septembre 1999 que j'ai initié les démarches pour un départ en octobre 2001. Concernant l'université d'accueil, l'Ecole Centrale Paris a des relations particulières avec l'Université de Tokyo. C'est donc tout naturellement que j'ai concentré mes recherches d'un professeur au sein de celle-ci. Je souhaitais faire des études en automatique et en robotique et par l'intermédiaire de Mme Ogawa et un élève de ma promotion dont le départ était prévu en 2000, j'ai été dirigé vers le Pr Nakamura. Après avoir eu son accord, j'ai déposé mon dossier de bourse. Lors de mon second stage en entreprise au Japon (été 2000), je suis allé à Todai pour rencontrer mon Professeur et faire connaissance avant de partir un an plus tard.

En 3ème année à Centrale, j'ai plus particulièrement travaillé le japonais, qui est devenu ma seconde langue étrangère pour la validation de mon diplôme. J'ai aussi pris contact avec les anciens élèves de Centrale qui étaient déjà partis là-bas.

A mon retour en France, le marché de l'emploi était difficile, notamment dans l'automobile, secteur dans lequel je voulais travailler. Le fait d'avoir fait des études au Japon grâce à la bourse Monbusho m'a grandement aidé pour intégrer Renault qui a jugé que cela m'avait apporté des compétences utiles dans le cadre de son alliance avec Nissan.
Je conseille fortement les candidats au programme de bourse d'aller passer quelques semaines au Japon afin de bien appréhender la culture et le style de vie et être sûrs qu'ils s'y plairont.

M. Joseph de Bonnafos
(Boursier d'études et de recherche)

Séjour au Japon : du mois d'Octobre 2001 au 25 Août 2004
Université de Tokyo
Programmation Distribuée

Je n'étais ni un fan de Manga, ni un passionné de Kanjis ou de littérature japonaise. Finalement je ne connaissais rien du Japon quand j'ai « chatté » pour la première fois avec des japonais sur internet et, sans pouvoir vraiment le rationaliser, j'ai ressenti une soudaine attraction pour le Japon et surtout les japonais qui me semblaient tellement mystérieux et différents ! Les années ont passé et j'ai concrètement commencé à étudier le japonais lorsque je suis rentré en école d'ingénieur. C'est notre professeur de japonais de l'époque qui m'a fait réaliser l'existence de ces programmes d'étude à l'étranger et j'ai compris que ce serait une énorme chance de me rapprocher de ce pays encore si mystérieux à mes yeux.

J'ai alors commencé mes démarches de recherche d'un programme boursier. Il en existe plusieurs pour aller étudier au Japon. J'ai trouvé que le programme Monbusho correspondait le mieux à ma situation puisqu'il permet éventuellement d'obtenir un diplôme japonais, en l'occurrence un Master, qui me permettrait de valider par équivalence mon diplôme d'ingénieur. Le programme nécessite d'avoir étudié quatre années après le lycée, ce qui correspond à la fin de ma seconde année d'école d'ingénieur. Le plus tôt était donc pour moi un départ en octobre 2001 pour un séjour a priori de 18 mois. Les dossiers doivent être remis en mai de l'année précédente, donc en 2000, pendant ma première année d'école d'ingénieur, presque 18 mois avant le départ éventuel. Lorsque j'ai retiré le dossier d'inscription, je pensais être large au niveau du temps mais je me suis vite aperçu que j'avais bien fait de commencer tôt, et qu'il n'y avait en fait pas de temps à perdre ! Pour trouver mon futur directeur de recherche je suis passé par l'un des professeurs de mon école qui travaillait en collaboration avec un département de l'Université de Tokyo et, justement, à ce moment la, se déroulait un séminaire à Paris, et j'ai pu rencontrer en personne mon futur directeur de recherche qui a accepté de me prendre dans son laboratoire comme étudiant chercheur.

En août de la même année, toujours un an avant mon départ éventuel, j'ai reçu un courrier de l'ambassade du Japon à Paris m'annonçant que mon dossier avait été sélectionné et que mon départ pour le Japon en octobre 2001 était quasiment assuré. Jusqu'à cette date, j'ai effectué tranquillement ma deuxième année d'école d'ingénieur. On m'a remis mon billet d'avion en septembre et je suis enfin parti le 4 octobre 2001.

Je fus accueilli très gentiment à l'aéroport de Tokyo par des personnes de l'AIEJ avec lesquelles j'ai passé mes premiers jours au Japon à effectuer toutes les formalités nécessaires pour y vivre. Les six premiers mois ont consisté à suivre les cours intensifs de japonais au Centre International de l'Université de Tokyo. Ce fut une expérience très riche de découvertes des japonais et de leur culture. A la fin de ces six mois, j'ai même effectué un séjour de deux semaines dans une famille japonaise à Kagoshima.

J'ai passé les six mois suivants à continuer mes recherches dans le laboratoire de mon directeur de recherche, à travailler mon japonais et à préparer l'examen d'entrée en Master que j'ai passé avec succès en août 2002. Pendant les deux années suivantes, j'ai effectué mon Master comme tout autre étudiant japonais, j'avais une série de modules à valider, et je devais présenter régulièrement l'avancée de mes recherches à tout le département. J'ai finalement soutenu ma thèse de Master avec succès en août 2004.

Cette expérience a été extrêmement bénéfique à plusieurs niveaux. Tout d'abord par l'enseignement et les conseilles que j'ai reçus tout au long de ces trois années, mais surtout par l'extraordinairement riche expérience humaine que j'ai vécue. Ces années plongées dans une culture différente de la mienne ont surtout été pour moi une grande expérience humaine avec ses questionnements, ses épreuves, ses joies. Grâce à tout cela, je crois, je me suis senti tout à fait préparé à commencer ma vie professionnelle. J'ai d'ailleurs trouvé rapidement un poste dans les bureaux japonais de l'entreprise française Dassault Systèmes. Plus de trois ans après, je vis toujours à Tokyo et, entre temps, je me suis marié et je ne communique avec mon épouse pour ainsi dire qu'en japonais. Tout cela a été rendu possible grâce à cet accueil si généreux du gouvernement japonais à travers le programme bousier Monbusho.

Je recommande fortement ce programme aux étudiants curieux, motivés et intéressés de découvrir le Japon. Grâce à la gentillesse des japonais, et aussi grâce leur tendance à tout organiser au millimètre, vous n'allez même pas vous rendre compte des difficultés qui font normalement partie d'une immersion complète dans une autre culture. Vous aurez tout le temps et les occasions de communiquer avec les gens, de découvrir leur culture, tout en continuant vos études confortablement. C'est une expérience unique, très différente, et je crois, beaucoup plus enrichissante qu'une expérience professionnelle au Japon qui ne laissent pas vraiment le temps et n'offre pas ce niveau d'opportunités de découverte et d'échange. Si cette occasion se présente à vous, prenez-la ! Vous ne le regretterez pas.

M. Raphaël THIBAULT
(Boursier d'études et de recherche)

Séjour au Japon : d'Avril 2005 à Septembre 2007.
Le cinéma et le design lumière.
Université municipale des Beaux-arts de Kyoto.

Mon intérêt pour le Japon a débuté 5 ans avant mon séjour d'étude grâce à la Bourse Monbukagakusho, lorsque j'ai commencé à étudier la langue japonaise en 2000, en parallèle de mes études d'Art à l'ENSAD – Paris. J'ai également eu la chance de pouvoir travailler pour un photographe japonais à Paris en 2003, complétant ainsi mon expérience théorique du Japon d'une expérience concrète en entreprise.

Mon projet de diplôme l'ENSAD, présenté en 2003, était un projet de film adapté d'un roman de l'écrivain japonais Abe Kobo. C'est le projet que j'ai soumis au Jury de la bourse Monbukagakusho, car je souhaitais essayer de réaliser ce film dans sa langue originale, dans le cadre d'une Université japonaise.

J'ai rencontré un professeur en graphisme de l'Université des Beaux-arts de Kyoto en 2004 à Paris, avec qui j'avais pu discuter des études au Japon. Il m'avait été présenté par un professeur japonais de mon école en France, avec qui il réalisait alors un projet pédagogique franco-japonais. Ce professeur était de plus particulièrement intéressé par l'auteur japonais sur lequel je travaillais, et suite à l'envoi de mon Book artistique au Japon il a accepté d'être mon superviseur dans le cadre de la bourse Monbukagakusho.

Mes préparatifs avant le départ ont surtout concerné les aspects pratiques de ma vie sur place, car mon Université n'avait pas de logement mis à disposition pour ses étudiants étrangers. C'est un point à vérifier à l'avance, car j'ai la location d'appartement au Japon est cher et assez compliquée. Les logements mis à disposition par les Universités sont souvent très abordables, et gérés par des personnes qui parlent anglais. Les contrats sont également simplifiés.
La partie administrative du séjour est également un point à clarifier avec l'Université d'accueil dès le début des études, notamment en ce qui concerne les dates d'examens en cycles de master ou de doctorat, qui différent en fonction des Universités. Néanmoins, vis-à-vis du Monbukagakusho, un certain protocole et un calendrier fixe sont à respecter impérativement, notamment concernant les demandes d'extension de bourse. Il vaut mieux recherche ces informations pendant la formation de 6 mois en langue japonaise, car dès que les études démarrent il est souvent déjà trop tard pour certaines démarches. Personnellement je me suis investi à 100 pour cent dans le perfectionnement en langue japonaise des six premiers mois, car cela conditionne l'ensemble du séjour, à commencer par l'admissibilité en cycle supérieur. En fait, cet apprentissage s'est poursuivi ensuite tout au long du séjour, car la maîtrise de la langue ouvre vraiment beaucoup de portes.

J'ai reçu une aide formidable des professeurs et des administrateurs de mon Université, ce qui m'a permis de tourner entièrement mon long-métrage dans les deux années de mon séjour. L'aide qu'on peut obtenir de personnes extérieures à l'Université (dans mon cas : acteurs, techniciens, propriétaire des lieux du tournage) fut également enthousiasmante, pour peu qu'on y mette les formes! D'où l'intérêt de se familiariser le plus vite possible avec la société japonaise et son fonctionnement, en se faisant des amis à l'Université, en intégrant un club de sport, etc. J'ai vu beaucoup d'étudiants étrangers rester souvent entre eux, c'est dommage.

Au final, cette expérience japonaise fut décisive dans ma vie et ma carrière : le film que j'ai réalisé m'a permis d'intégrer le Studio National du Fresnoy dès mon retour en France. J'ai également présenté le projet à des producteurs à Tokyo, qui m'ont proposé une collaboration en 2010. Enfin, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer des artistes japonais sur place (Kiyoshi Kurosawa, Rioji Ikeda, le collectif Dumb Type) grâce au prestige qui entoure les grandes Universités japonaises : facteur capital pour ceux qui envisagent de chercher du travail au Japon, à la suite de leurs études.


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