Léon ROCHES, deuxième ministre plénipotentiaire de France au Japon
En 1864, Léon ROCHES (1809-1900) devient le deuxième ministre plénipotentiaire de la France au Japon, peu de temps après l'ouverture du Japon[1] au monde extérieur, et à mesure que les marchands français commençaient à affluer à Yokohama à la recherche de soie brute de qualité.
Durant sa jeunesse, le futur diplomate français intègre l'université de Grenoble dans sa ville natale, mais interrompt ses études au bout de six mois. Son père, qui dirigeait à l’époque une plantation en Algérie, l'invite à venir le rejoindre. Sur place, Léon ROCHES apprend l'arabe. Il devient ensuite interprète pour le corps africain de l’armée française et dirige les négociations avec le leader algérien Abd-el-Kader, ce qui le mène à une carrière diplomatique. Après avoir quitté l'armée, il est nommé membre du consulat général de Tanger au Maroc. Il exerce ensuite les fonctions de Consul Général à Tripoli (Libye) ainsi qu’à Tunis (Tunisie), avant d’arriver au Japon.
Selon les dires, cet expert de la langue arabe est envoyé au Japon pour promouvoir une politique commerciale devancée alors par les Britanniques. La France se rapproche du shogunat d'Edo[2] pour contrer les Anglo-Saxons qui, eux, coopèrent secrètement avec les forces hostiles au shogunat. À la demande du shogunat, ROCHES appelle des ingénieurs français à participer à la construction de l’arsenal naval de Yokosuka. Il contribue également à la création d’une école de langue française à Yokohama afin d’y former des officiers haut gradés à la langue de Molière. Il procède aussi à l’envoi au Japon d’un groupe consultatif militaire depuis la France.
En 1867, l'ère du shogunat d’Edo, soutenu par ROCHES, prend fin lorsque TOKUGAWA Yoshinobu restaure le régime impérial[3]. Malgré tout, les technologies et les connaissances apportées au Japon par le diplomate français ont grandement contribué à la modernisation du pays à l'ère Meiji.[4]
