Léon ROCHES, deuxième ministre plénipotentiaire de France au Japon

2021/3/5
Léon ROCHES

  En 1864, Léon ROCHES (1809-1900) devient le deuxième ministre plénipotentiaire de la France au Japon, peu de temps après l'ouverture du Japon[1] au monde extérieur, et à mesure que les marchands français commençaient à affluer à Yokohama à la recherche de soie brute de qualité.
 
 Durant sa jeunesse, le futur diplomate français intègre l'université de Grenoble dans sa ville natale, mais interrompt ses études au bout de six mois. Son père, qui dirigeait à l’époque une plantation en Algérie, l'invite à venir le rejoindre. Sur place, Léon ROCHES apprend l'arabe. Il devient ensuite interprète pour le corps africain de l’armée française et dirige les négociations avec le leader algérien Abd-el-Kader, ce qui le mène à une carrière diplomatique. Après avoir quitté l'armée, il est nommé membre du consulat général de Tanger au Maroc. Il exerce ensuite les fonctions de Consul Général à Tripoli (Libye) ainsi qu’à Tunis (Tunisie), avant d’arriver au Japon.
 
 Selon les dires, cet expert de la langue arabe est envoyé au Japon pour promouvoir une politique commerciale devancée alors par les Britanniques. La France se rapproche du shogunat d'Edo[2] pour contrer les Anglo-Saxons qui, eux, coopèrent secrètement avec les forces hostiles au shogunat. À la demande du shogunat, ROCHES appelle des ingénieurs français à participer à la construction de l’arsenal naval de Yokosuka. Il contribue également à la création d’une école de langue française à Yokohama afin d’y former des officiers haut gradés à la langue de Molière. Il procède aussi à l’envoi au Japon d’un groupe consultatif militaire depuis la France.
 
 En 1867, l'ère du shogunat d’Edo, soutenu par ROCHES, prend fin lorsque TOKUGAWA Yoshinobu restaure le régime impérial[3]. Malgré tout, les technologies et les connaissances apportées au Japon par le diplomate français  ont grandement contribué à la modernisation du pays à l'ère Meiji.[4]

 
 
[1] A partir du milieu du XVIIe siècle, le shogunat interdit la circulation de personnes entre le Japon et les autres pays étrangers. Le commerce extérieur à Nagasaki est alors limité aux Pays-Bas et à la Chine. Grâce au traité d’amitié entre le Japon et les Etats-Unis de 1854, puis aux traités commerciaux et d’amitié de 1858 avec les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Russie, le Royaume-Uni et la France, le Japon s’ouvre au commerce avec l’étranger.
[2] Edo était l’ancien nom de Tokyo et fut changé en Tokyo en 1868.
[3] En 1867, TOKUGAWA Yoshinobu, quinzième et dernier shogun du shogunat Tokugawa, remet le pouvoir gouvernemental à l’Empereur Meiji. Cet évènement marque la fin d’environ 700 ans d’administration du pays par la classe guerrière.
[4] Ere Meiji : 1868-1912.